La chute du gouvernement Bayrou
François Bayrou lors du vote de confiance des députés à l’Assemblée nationale, à Paris, le 8 septembre 2025. - © Magali Cohen / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
François Bayrou lors du vote de confiance des députés à l’Assemblée nationale, à Paris, le 8 septembre 2025. - © Magali Cohen / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Durée de lecture : 2 minutes
Les députés n’ont pas accordé leur confiance à François Bayrou et son gouvernement, le 8 septembre. Le Premier ministre devra remettre sa démission au président.
C’était une chute annoncée. Les députés ont voté contre la confiance du gouvernement de François Bayrou, le 8 septembre, à 364 voix contre, et 194 voix pour.
Le Premier ministre avait décidé, le 25 août, d’engager la responsabilité de son gouvernement sur la question du budget 2026 et des manières de lutter contre la dette du pays.
François Bayrou va désormais devoir remettre sa démission au président de la République, Emmanuel Macron. Il assurera les affaires courantes en attendant la nomination d’un prochain gouvernement.
Dette et migrations, rien sur l’écologie
Lors d’un discours de quarante-trois minutes, François Bayrou a tenté de persuader les députés de voter la confiance de son gouvernement. Il a insisté sur les jeunes et le « poids qui pèse sur leur génération ». « [Ils] vont porter, pendant 20 ou 30 ans, ou davantage encore, le poids des milliers de milliards de dettes que leurs aînés ont contractées et qu’ils vont, eux, devoir endosser », a-t-il affirmé.
François Bayrou s’est concentré sur la question de la dette, feignant d’oublier que le changement climatique, l’effondrement de la biodiversité et le franchissement des limites planétaires sont également des menaces majeures pour l’avenir des jeunes.
Il a préféré citer « les plus graves » des questions, selon lui, pour la prochaine génération : le « retard de production » de la France « sur nos voisins », le déclassement des établissements scolaires, le manque de logements, la sécurité, les migrations…
« Nous sommes le pays du monde qui a le mieux identifié l’enjeu écologique, le développement durable, la production décarbonée. C’est une fierté, mais en un temps où cet enjeu est battu en brèche partout sur la planète, c’est un défi de mobilisation générale », a-t-il seulement déclaré. Ajoutant ensuite que les migrations pouvaient être liées à la « déstabilisation climatique », une façon de justifier sa volonté de « contrôler et maîtriser les arrivées », reprenant les thèmes fétiches de l’extrême droite.
Ses paroles n’ont pas convaincu. Seuls les groupes des députés Renaissance, MoDem et Horizons ont appelé à voter la confiance du gouvernement. Le groupe Droite républicaine, présidé par Laurent Wauquiez, n’a pas appelé à un « vote unanime ».
À gauche, Boris Vallaud, président du groupe Socialistes et apparentés, a plutôt affirmé que son parti était « prêt, avec la gauche et Les Écologistes, à gouverner » à la place de François Bayrou. De son côté, Mathilde Panot, présidente du groupe La France insoumise, a appelé à un changement de président de la République.
À l’extrême droite, Marine Le Pen, présidente du groupe Rassemblement national, a estimé que la dissolution de l’Assemblée nationale n’était pas « une option, mais une obligation ». Un choix que, pour le moment, Emmanuel Macron n’envisage pas.