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Culture et idées

Vous êtes philosophe et Gilet jaune : pourquoi ?

Christiane Vollaire a écrit Pour une philosophie de terrain

Christiane Vollaire, vous êtes philosophe et Gilet jaune. Pourquoi ?

« Je suis philosophe d’abord, et puis j’ai écrit un bouquin qui s’appelle ’Pour une philosophie de terrain’, il y a deux ans. Ca veut dire qu’on va faire du terrain, je vais m’entretenir avec des gens, et je pense que la philosophie doit être dans le réel et doit tirer ses concepts du réel, et non pas imposer comme une avant-garde des concepts sur le réel. »Donc, j’ai voulu travailler sur les Gilets jaunes, et en travaillant sur les Gilets jaunes, je me suis fait embarquée, tout simplement. Au départ, ce qui devait être un travail de terrain est devenu un engagement. Il faudra bien que ça redevienne un terrain aussi, pour que je puisse faire le travail de philosophie qui va avec, mais ce que je pense surtout, c’est que le rapport des chercheurs aux Gilets jaunes ne doit surtout pas être un rapport de donneur de leçons à des gens qui seraient là un peu brouillons, mais que c’est exactement le contraire, qu’il y a une pensée de l’action politique, qu’agir politiquement, ça produit une véritable pensée, et que cette pensée, les chercheurs en ont besoin. Et que si on ne se nourrit pas de cette pensée, on est mort.

- Alors, la pensée des Gilets jaunes, c’est quoi ?

« C’est un rapport au réel. Machiavel disait,  »ce n’est pas d’un côté le ventre qui serait le peuple - comme le prétendait Platon -, et de l’autre côté le cerveau qui serait les grands« , les grands entre guillemets. Les gouvernants ne sont absolument pas un cerveau, ils sont un ventre. Et c’est au contraire eux qui se nourrissent et s’en foutent plein les fouilles, et de l’autre côté, il y a des gens qui pensent. Ce n’est pas la même chose de vouloir être dominant, et de ne pas vouloir être dominé. Quand on ne veut pas être dominé, c’est qu’on pense. Quand on veut être dominant, c’est juste qu’on veut bouffer. »

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