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Festival de Cannes : une salariée interdite de travailler à cause de son engagement écolo

La sous-préfecture de Grasse aurait transmis à son employeur un avis défavorable interdisant à la jeune femme de se rendre sur son lieu de travail.

Son engagement vert n’est pas passé sur le tapis rouge. Tandis que la 79e édition du Festival de Cannes s’ouvre mardi 12 mai, Libération révèle comment une jeune trentenaire travaillant depuis plusieurs années pour le Festival s’est vue, l’année dernière, interdite d’accéder à la Croisette. Le motif ? Selon elle, sa participation à différentes manifestations en faveur de la protection de l’environnement.

Depuis 2012, Tania (son prénom a été modifié) officie pour la Semaine de la critique, une sélection parallèle à la compétition officielle. Après avoir été stagiaire, puis indépendante, elle devait en 2025 démarrer son premier contrat salarié, en CDD, le temps du festival, afin d’accueillir les équipes et de les conduire jusqu’à la projection de leurs films.

Seulement voilà, la veille de prendre son train pour Cannes, Tania a reçu un message pour le moins surprenant de la part de son employeur : la sous-préfecture de Grasse lui aurait transmis un avis défavorable interdisant à la jeune femme de se rendre sur son lieu de travail.

Pourtant, Tania indique avoir subi des contrôles d’identité mais assure n’avoir « jamais été arrêtée, ni placée en garde à vue, et encore moins fait l’objet d’un procès ou été condamnée ».

Criblage de données

Pour comprendre comment ce service de l’État en est arrivé à cette mesure, il faut regarder du côté du décret dit « grand événement ». Depuis 2016, la mesure prise après les attentats du 13 novembre, figure dans la loi sécurité intérieure et lutte contre le terrorisme, et prévoit notamment l’interdiction d’accès à certaines zones jugées sensibles.

Le pouvoir judiciaire a ainsi obtenu de nouveaux moyens d’enquête, et notamment le criblage de données. Autrement dit, les personnes travaillant sur certains « grands événements » peuvent faire l’objet d’une enquête administrative de sécurité dans laquelle de nombreux fichiers — où sont notamment inscrits leurs engagements militants — peuvent être consultés. Peu importe qu’ils et elles aient été simplement interpellés.

Coécrit par les syndicats Sud Culture Solidaires, la CGT Spectacle, et Sous les écrans la dèche, un guide d’autodéfense juridique a été mis à disposition des travailleurs potentiellement victimes de ce ciblage politique.

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