14 juillet : les clowns ont défilé

15 juillet 2014 / Vladimir Slonska-Malvaud (Reporterre)

La fête nationale était pour la première fois le jour d’un rassemblement de clowns pacifistes au cœur de Paris. Quelques dizaines de jeunes se sont invités au défilé officiel le matin, avant d’organiser une parodie anti-militariste et déjantée l’après-midi.


- Paris, reportage

Place d’Aligre, dans le XIIe arrondissement de Paris, à équidistance des places de la Bastille et de la Nation. Sous le soleil généreux de l’après-midi, ce 14 juillet, des rangs se forment, nez rouges et bonnets phrygiens détournés. Un texte, « Désarmons le 14 juillet... Faisons-lui sa fête », a circulé sur internet et dans les réseaux militants.

Pour le petit groupe de clowns, de sympathisants et de passants – une soixantaine de personnes en tout -, c’est aussi jour de défilé. Objectif de cette journée « pour les morts pour rien » : dénoncer les dépenses militaires et la guerre, « l’esclavage salarié » et de manière générale, la marche de la société.

Tout le monde s’active pour préparer le repas, avec des produits récupérés sur le marché de la veille.

Le matin, la petite armée des clowns a voulu s’inviter au défilé officiel. Entre les canons, chacun a improvisé sa parodie. Bilan : vingt-cinq interpellations, selon les clowns qui se sont compté dans la salle du commissariat. Ils seront libérés en début d’après-midi. « Dans les camions, c’était du délire, et dans le commissariat aussi », s’amuse Nathan.

Sur la place, l’assistance est jeune et joyeuse. La petite assemblée a ses codes, pour demander la parole ou le silence, signe de l’habitude de se retrouver.

Les prises de parole se multiplient : un slam, une discussion sur les moyens de changer le monde, une annonce d’une militante de l’association Osez le féminisme... « Ce qu’il y a de chouette avec les mouvements informels, c’est que c’est libre », dit Baptiste, perruque scintillante sur la tête et veste camouflage décorée de la parfaite panoplie pacifiste. Une petite bulle d’utopie en marche au cœur de Paris.



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Source et photos : Vladimir Slonska-Malvaud pour Reporterre

Dessin : Trax pour Reporterre

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