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En brefAgriculture

43 % des agriculteurs restent sous le Smic en moyenne pendant dix ans

54 % des agriculteurs vivent pourtant sous le revenu médian. (Photo d'illustration)

43 % des agriculteurs se situent sous le Smic en moyenne sur dix ans. C’est le résultat d’une étude publiée le 28 avril par l’Observatoire de la rémunération agricole équitable, de l’ONG Max Havelaar France.

Cette étude s’inscrit dans le sillage de la loi d’urgence agricole, dont l’examen en commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale a démarré le 4 mai. Dans ce projet de loi, « la question du revenu n’est pas centrale », regrette l’ONG.

Selon l’étude, qui s’intéresse aux inégalités de revenus et aux situations des foyers dans le milieu agricole, 54 % des agriculteurs vivent pourtant sous le revenu médian et environ 14 % des exploitations enregistrent un résultat négatif « selon les années ». « Le revenu agricole seul ne permet plus d’assurer un niveau de vie stable et prévisible », souligne l’ONG qui démontre dans son étude une « instabilité durable des revenus » sur plusieurs années. Selon elle, « même lors des années les plus favorables, un agriculteur sur trois reste sous le Smic ».

Certaines filières plus fragilisées que d’autres

Les inégalités s’expriment également au niveau des différentes filières agricoles, dont certaines subissent des fragilités économiques plus importantes que les autres. Les exploitants de céréales, légumineuses, oléagineux, bovins, ovins et caprins font partie des plus précaires : plus de 50 % des exploitants de chacune de ces filières vivent en moyenne sous le Smic. À l’inverse, l’observatoire montre que des filières « apparaissent plus résilientes », comme la viticulture (avec 38 % d’exploitants sous le Smic), et d’autres grandes cultures, de pommes de terre ou de betteraves, par exemple (avec 34 %).

Des écarts importants de revenus sont visibles dans plusieurs régions françaises. Selon l’étude, 57 % des agriculteurs en Occitanie sont sous le Smic, ainsi que 51 % pour la Nouvelle-Aquitaine et la Corse. Cette dernière est placée en situation critique par l’ONG. Pour Jules Colombo, responsable de l’Observatoire de la rémunération agricole équitable, « agir sur le prix payé aux producteurs reste aujourd’hui le levier le plus direct pour sécuriser durablement leurs revenus ».

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