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En brefMines et métaux

Mine de nickel : la France finance la destruction d’une forêt tropicale indonésienne

Paris, reportage

Échelles sous le bras et casque sur la tête : lundi 22 avril, une dizaine de militants de l’association de protection des forêts Canopée ont déployé un chèque géant sur la façade du ministère des Finances à Paris.

Leur but : dénoncer les financements accordés par l’État à l’exploitation minière, et la déforestation qu’elle entraîne. Ils ciblent notamment Weda Bay, la plus grande mine du monde, exploitée par Eramet, une entreprise française détenue à 27 % par l’État. Ce gisement de nickel en pleine forêt tropicale indonésienne fait cinq fois la taille de Paris. Elle exploite un minerai clef dans la transition énergétique, notamment pour construire des voitures électriques.

Cette mégamine menace les forêts primaires mais aussi les Hongana Manyawa, un peuple autochtone dit « non contacté » qui a choisi de vivre en isolement.

« L’exploitation a déjà commencé et 2 000 hectares ont déjà été déforestés », explique à Reporterre Klervi Le Guenic, chargée de campagne forêts tropicales chez Canopée.

500 millions d’euros d’argent public

L’ONG redoute qu’une partie de l’enveloppe destinée à financer de nouveaux projets miniers, arrive dans les poches d’Eramet. Le 11 mai dernier, le gouvernement a en effet annoncé la création d’un « fonds d’investissement dédié aux minerais et métaux critiques » qui atteindra 2 milliards d’euros après levée de fonds. L’État s’est déjà engagé à débloquer 500 millions d’euros.

« On demande à ce que cet argent public ne soit pas attribué à des projets délétères pour la nature et pour les hommes et que des critères de sélection environnementaux et sociaux robustes soient appliqués », dit Klervi Le Guenic.

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