A Paris, grosse énergie dans la manifestation inter-secteurs

Durée de lecture : 3 minutes

19 avril 2018 / Alexandre-Reza Kokabi

- Paris, reportage

Cheminots, personnels hospitaliers, postiers, éboueurs, soutiens à la Zad de Notre-Dame-Des-Landes, étudiants, retraités ou encore sans-papiers : ce jeudi 19 avril, ils sont des milliers à avoir battu le pavé parisien, au rythme de la Fanfare Invisible, de Montparnasse à la place d’Italie. 15.300 personnes, selon un comptage réalisé par un collectif de médias.

Le cortège inter-secteurs, emmené par CGT et Solidaires, s’est élancé peu après 14 heures. Il a donné de la voix, désireux d’ébranler les réformes souhaitées par Emmanuel Macron. Le soleil n’a pas manqué un instant au rendez-vous.

« La convergence prend et il faut encore l’élargir, encourageait au départ, dans sa moustache, le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez. Quand un président annonce, au début de son mandat, qu’il limitera ses passages à la télé, et qu’un an plus tard il passe deux fois dans la même semaine, je ne suis pas sûr que ce soit un signe de force. C’est même plutôt un signe de fébrilité. » A quelques pas, des étudiants chantent tout leur (dés)amour pour la sélection : « Ils ont voulu nous sélectionner, mai 68 va recommencer ! »

Au milieu du boulevard Montparnasse, Camille a une pensée – et une banderole - pour Notre-Dame-Des-Landes, où il s’est rendu à plusieurs reprises. « La Zad a besoin d’être expliquée et défendue, puisque depuis dix jours elle a été militarisée, estime-t-il. C’est scandaleux de ne pas pouvoir développer, en paix, de nouvelles façons de vivre ensemble. La start-up nation n’est pas que numérique, elle est peut-être aussi à chercher dans des endroits comme Notre-Dame-Des-Landes. Le gouvernement est accroché à cette sacro-sainte propriété privée alors que les communs ont existé de tout temps. C’est l’endroit parfait pour ré-expérimenter cette notion du commun. »

Les hôpitaux en tête de cortège

« Hôpitaux, en colère, y’en a marre de la galère ! »  : le personnel hospitalier était bien représenté à l’avant. « On est menacé par un plan social de 800 suppressions de poste sur l’ensemble des hôpitaux, les CDD ne sont pas renouvelés et nos trois semaines de vacances d’été sont supprimées », a expliqué un membre de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris, dénonçant une « attaque globale du gouvernement sur la fonction publique : la réponse doit l’être aussi ! ». Quid des patients ? « Lors des grèves, dans les hôpitaux, des grévistes sont assignés pour continuer d’assurer le service. On ne peut pas abandonner les patients. Le gouvernement, en revanche, les abandonne : avec ses réformes, leur système de santé se fragilise, ils attendent plus longtemps aux urgences. A terme, les riches iront se soigner exclusivement dans le privé. »

En marge de la manifestation : de nombreuses tensions et heurts. Au menu ? Canon à eau, lacrymogènes, grenades de désencerclement, projectiles en tous genres et charges policières. Plusieurs personnes ont été blessées.


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Source : Alexandre-Reza Kokabi pour Reporterre

Photos : chapô : © Fanny Dollber/Reporterre
. banderole Zad : © Alexandre-Reza Kokabi/Reporterre

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