A Washington, on braque la lumière sur les négociations commerciales secrètes

Durée de lecture : 2 minutes

30 avril 2014 / Elisabeth Schneiter (Reporterre)

Pour mettre en lumière le secret qui entoure les négociations autour de l’accord de Partenariat Trans Pacifique (TPP), analogue au TAFTA, actuellement en négociation entre les États-Unis et certains pays d’Asie, une campagne bien visible a été lancée : la phrase « fin au secret » est projetée sur les bâtiments de Washington.


De nombreuses organisations citoyennes et entreprises se sont associées aux États-Unis pour demander au président Obama de mettre fin au secret autour de l’accord de Partenariat Trans Pacifique (TPP). Celui-ci, analogue au TAFTA (Traité de libre-échange transatlantique), est actuellement en négociation entre les États-Unis et plusieurs pays d’Asie.

Avec plus de 2,8 millions de signatures déjà récoltées, les groupes à l’origine de ce projet ont commencé une campagne lumineuse : la phrase « Fin au secret » (Stop the secrecy" est projetée sur les bâtiments à Washington DC, pour attirer l’attention sur la façon sournoise dont ces accords commerciaux sont négociés.

La campagne a débuté en braquant le message sur l’ambassade du Canada.

Les organisateurs prévoient d’augmenter la taille et la luminosité du message au fur et à mesure que davantage de gens signent - et de le projeter sur de plus grandes surfaces.

Même si cela peut paraître gadget, le message est grave. Il est en effet absurde et dangereux que les négociations d’accords commerciaux (comme le TPP ou le TAFTA) se déroulent en secret. Tous les arguments avancés par le Négociateur américain (USTR - United States trade representative) pour défendre ce procédé se révèlent invalides.

En effet, beaucoup d’autres accords internationaux ont été négociés sur des textes rendus publics. Le Négociateur pourrait facilement faire la même chose s’il le voulait.

Le fait que l’ancien USTR, Ron Kirk, ait admis que les détails de ces accords ne seraient pas révélés parce qu’ils seraient refusés par les citoyens, explique très exactement pourquoi ce secret est antidémocratique. M. Ron Kirk a fait cette déclaration à l’agence Reuters, rappporte le New York Times.


Puisque vous êtes ici…

… nous avons une faveur à vous demander. La crise écologique ne bénéficie pas d’une couverture médiatique à la hauteur de son ampleur, de sa gravité, et de son urgence. Reporterre s’est donné pour mission d’informer et d’alerter sur cet enjeu qui conditionne, selon nous, tous les autres enjeux au XXIe siècle. Pour cela, le journal produit chaque jour, grâce à une équipe de journalistes professionnels, des articles, des reportages et des enquêtes en lien avec la crise environnementale et sociale. Contrairement à de nombreux médias, Reporterre est totalement indépendant : géré par une association à but non lucratif, le journal n’a ni propriétaire ni actionnaire. Personne ne nous dicte ce que nous devons publier, et nous sommes insensibles aux pressions. Reporterre ne diffuse aucune publicité ; ainsi, nous n’avons pas à plaire à des annonceurs et nous n’incitons pas nos lecteurs à la surconsommation. Cela nous permet d’être totalement libres de nos choix éditoriaux. Tous les articles du journal sont en libre accès, car nous considérons que l’information doit être accessible à tous, sans condition de ressources. Tout cela, nous le faisons car nous pensons qu’une information fiable et transparente sur la crise environnementale et sociale est une partie de la solution.

Vous comprenez donc sans doute pourquoi nous sollicitons votre soutien. Il n’y a jamais eu autant de monde à lire Reporterre, et de plus en plus de lecteurs soutiennent le journal, mais nos revenus ne sont toutefois pas assurés. Si toutes les personnes qui lisent et apprécient nos articles contribuent financièrement, la vie du journal sera pérennisée. Même pour 1 €, vous pouvez soutenir Reporterre — et cela ne prend qu’une minute. Merci.

Soutenir Reporterre

Source : Elisabeth Schneiter pour Reporterre d’après l’article de Mike Masnick
(Tech Dirt)

Photos :
- Chapô : Tehgeektive
- Ambassade canadienne : Tech Dirt

Lire aussi : Traité transatlantique : pour être informé, il faut payer 1800 euros.


Pour une information libre sur l’écologie, soutenez Reporterre :

DOSSIER    Traités de libre-échange

THEMATIQUE    Économie
2 avril 2020
Désinfecter les villes ? Destructeur pour les milieux aquatiques
Info
2 avril 2020
La crise sanitaire est l’occasion de réfléchir à la décroissance choisie
Tribune
1er avril 2020
Nous ne sommes pas en guerre
Tribune


Dans les mêmes dossiers       Traités de libre-échange



Sur les mêmes thèmes       Économie





Du même auteur       Elisabeth Schneiter (Reporterre)