A bon compost, beau jardin

11 février 2017 / Christine Laurent (Reporterre)



En prévision des semis au Jardin sans pétrole, on tamise le compost. Il est à la fois un amendement et un engrais naturel pour le sol.

La pluie en continu et une fatigue de bureau dans la tête, le départ au jardin s’annonce mal. Finalement, nous décidons d’y aller en auto, emportant le sceau d’épluchures de la semaine. Peu de monde sur la route, et en trois quarts d’heure, nous sommes sous les thuyas. Ici, on ne sent pas la bruine qui perle sur les herbes et relance la décomposition des feuilles après l’anticyclone et le froid.

Jean-Marie reprend la taille de nos conifères d’Amérique du Nord avec sa scie échenilloir fixée au bout d’une tige de bambou épaisse : 4 cm de section à la base et 4 mètres de long pour atteindre les branches hautes. À leur feuillage vert foncé, il semble que ce soir des Thuja plicata excelsa. Avec l’humidité et le bois coupé, une bonne odeur plane au-dessus du compost que j’ai entrepris de tamiser en prévision des semis.

Il s’agit de pelleter le compost mûr sur un grillage placé sur la brouette pour retenir les fragments de bois, noyaux d’avocat, coques de noix ou de noisettes mal décomposés. Une matière végétale à l’odeur de sous-bois, légère et grasse tout à la fois s’amoncelle dans la brouette.

Une pyramide de matière brune et aérée repose sur un morceau de bâche 

C’est un travail physique ! Pour prévenir le mal de dos, je m’arrête régulièrement, m’étire et change la prise de la pelle, prenant appui tantôt sur le côté gauche du corps, tantôt sur le côté droit. Fléchir les genoux, plutôt que de se pencher permet aussi de soulager les lombaires.

Deux heures plus tard, un rayon de soleil oblique inonde le jardin de lumière. Le bac à compost est vide et une pyramide de matière brune et aérée repose sur un morceau de bâche. Celle-ci constitue à la fois un amendement et un engrais naturel. Amendement parce qu’il structure le sol, le rendant plus spongieux et capable de retenir l’eau de pluie, ce qui limite les arrosages. Engrais, car il est riche de tous les nutriments contenus dans les végétaux, épluchures, fumier et feuilles d’arbre qui le composent. Cette circularité de la matière est une source inépuisable de réflexion sur la consommation et a sans aucun doute changé notre appréciation du bien-fondé de ce qui entre dans notre maison.

Il est temps de remettre à l’abri notre « or brun » dans le bac. J’en prépare un sac de 25 kg pour mes voisins jardiniers. Devant l’évidence, l’envie leur viendra de s’y mettre aussi 




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Source : Christine Laurent pour Reporterre

Photos : © Christine Laurent/Reporterre

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