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Jardin sans pétrole

A bon compost, bon jardin

Ressuyée comme il faut, la terre du jardin peut être travaillée sans dommage en prévision de l’accueil des délicats légumes d’été.

Pour nous, ce beau dimanche printanier en Île-de-France fut parisien, après un samedi au jardin, froid et même pluvieux en fin de journée. Le temps n’est pas à rêvasser sous les chatons du saule en regardant les bourdons s’empiffrer de nectar.

La rhubarbe, presque moribonde quand elle végétait au pied du chêne et que nous avons déplacée cet automne, nous tend ses vastes feuilles en forme de cœur et nous annonce de belles récoltes.

La rhubarbe est enfin à sa place.

La terre est suffisamment ressuyée pour être travaillée sans dommage. Nous allons poursuivre la préparation des buttes de culture en prévision du mois de mai, quand les délicats légumes d’été pourront être semés et plantés dans une terre bien réchauffée.

Tandis que je suis à la manœuvre avec la grelinette à aérer, décompacter et brouiller les galeries des rats taupiers, Jean-Marie tamise le compost et me livre des brouettes de notre humus maison, que j’étale et ratisse en surface. L’eau et les vers de terre disperseront les éléments nutritifs dans la terre.

Coquilles d’œuf contre limaces et escargots 

Nourrir le sol avec ce que nous pouvons recycler est un effort constant : récupérer chez nos voisins de la paille souillée et du fumier, ramasser des feuilles mortes à l’automne, couper des orties, des pissenlits, de la consoude, de la prèle dans le jardin ou dans la prairie autour de nous pour enrichir le compost de minéraux divers, apporter semaine après semaine nos 200 kg d’épluchures annuelles…

Compost sur les buttes de culture.

Nous recyclons aussi les coquilles d’œuf qui, une fois broyées et épandues au pied des jeunes pousses, constituent un frein à la voracité des limaces et des escargots tout en apportant du calcium. C’est d’ailleurs le moment de protéger les fèves et les pois gourmands !

Cette semaine, j’ai apporté une nouvelle potion issue de nos recyclages variés. De la poudre d’os de poulet. Elle provient d’un bon poulet bio que nous achetons chaque mois à un éleveur tourangeau par le biais de l’Amap. Quand nous dégustons la volaille, nous gardons les os pour faire un bouillon, mais ensuite il reste quand même les os. Ils représentent un volume dans notre poubelle tendance zéro déchet, mais surtout, réduits en cendre, les os de poulet contiennent notamment du phosphore, élément précieux et indispensable à une bonne fructification. Cette cendre très spéciale — fabriquée dans le poêle à bois de l’atelier de Jean-Marie — sera prochainement dissoute dans un arrosoir d’eau et aspergée sur la terre. Pour aujourd’hui, il y a bien assez d’eau !

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