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En brefGrands projets imposés

Abandon du projet d’Exposition universelle à Saclay


La France n’organisera pas l’Exposition universelle 2025. Samedi 20 janvier, Pascal Lamy, président du Groupement d’intérêt public Expofrance 2025, en a été informé dans un courrier de deux pages signé par Edouard Philippe. "J’ai décidé de ne pas donner suite à la candidature de la France à l’exposition universelle, qui sera retirée", écrit le Premier ministre.

Dans sa lettre, le Premier ministre pointe les "faiblesses structurelles" du modèle économique du projet. "La poursuite de cette candidature ne saurait prospérer sans le recours à une garantie publique", s’inquiète le Premier ministre. Dans le contexte de "redressement de nos finances publiques", le chef du gouvernement refuse donc de "grever l’avenir [...] d’engagements supplémentaires non maîtrisés."

Dans le détail, Matignon estime que l’équilibre économique du projet français s’appuie sur la "cession gratuite du foncier par l’établissement public d’aménagement Paris-Saclay, ce qui doit s’analyser comme une subvention publique".

De surcroît, les scénarios présentés par Expofrance 2025 tablent en effet sur une fréquentation comprise entre 35 et 40 millions de visiteurs et envisagent une hypothèse haute à 65 millions de visiteurs. Mais une fréquentation similaire à celle qui s’est tenue à Milan en 2015 (environ 20 millions de visiteurs) se traduirait par une chute des recettes de 1,3 milliards à 455 millions d’euros seulement. Matignon ne souhaite pas prendre un tel risque pour les finances publiques.

Dernier point de blocage mis en avant, le manque de partenaires privés prêts à s’engager : "L’association n’a pas établi qu’il existe des acteurs prêts à s’exposer significativement au risque commercial de l’exposition", écrit Edouard Philippe.

Le collectif des opposants à l’urbanisation du plateau de Saclay se réjouit. Dans un communiqué, il écrit : « La folie des grandeurs avait conduit les majorités élues locales à rajouter ce projet aux difficultés de la construction institutionnelle de l’« Université » Paris-Saclay et aux difficultés de transport vers et sur le plateau. Outre la tartufferie de prétendre protéger la planète en commençant par bétonner encore plus de terres agricoles, seuls des naïfs pouvaient croire aux promesses mirobolantes de 160.000 emplois durables créés et de 23 milliards d’euros de gains économiques. (...) Il faut maintenant remettre à plat et regarder avec objectivité les projets d’urbanisation du plateau que les majorités élues au département et à la communauté d’agglomération continueront à pousser, dans la même opacité que feu la candidature à l’exposition universelle. »

-  Sources :
.Le Journal du Dimanche
. Urgence Saclay

-  Dessin : © Red !/Reporterre

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