Accord de Paris : l’Europe n’investit pas assez
Une enveloppe de 360 milliards d’euros annuels serait nécessaire. - Pxhere/CC0
Une enveloppe de 360 milliards d’euros annuels serait nécessaire. - Pxhere/CC0
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Quelque 10 000 milliards d’euros. Tel est le montant des investissements supplémentaires dont l’Union européenne a besoin pour atteindre son objectif de zéro émission nette d’ici 2050. Le 29 janvier, une étude de l’institut français Rousseau a dévoilé le véritable déficit de financement dans la transition écologique de l’Europe. Pour rester dans les clous de l’Accord de Paris et des objectifs de l’Union, une enveloppe de 360 milliards d’euros annuels serait nécessaire. Autrement dit, 2,3 % du PIB actuel des vingt-sept États membres.
Si l’ampleur de ces investissements semble considérable, une grande partie d’entre eux pourrait être comblée par la réorientation de dépenses déjà existantes vers des secteurs plus vertueux. Les chercheurs plaident pour un désinvestissement massif des domaines tels que l’aviation, les combustibles fossiles et les voitures thermiques. Et ce, au profit des transports publics, de la rénovation des bâtiments et des énergies renouvelables. « L’obstacle n’est pas un déficit de connaissances ou de capacités, mais un manque de détermination collective et d’engagements tangibles », dénoncent les auteurs de l’étude.
Aux yeux de Marie Toussaint, eurodéputée écologiste, il est urgent d’apprécier le temps comme une ressource de plus en plus rare : « Au lieu de dépenser des sommes colossales à chaque catastrophe naturelle comme les inondations et tempêtes récentes à La Réunion et au Pas-de-Calais, les États feraient mieux d’anticiper des politiques publiques économiques adaptées au défi majeur de notre siècle. »