Ambiance compréhensive au tribunal pour le viticulteur poursuivi pour refus de pesticide

Durée de lecture : 2 minutes

25 février 2014 / Pascale Solana (Reporterre)



Emmanuel Giboulot, viticulteur poursuivi pour avoir refusé d’épandre des pesticides dangereux, a été jugé le 24 février. Le verdict s’annonce clément.


- Reporterre reviendra sur ce procès demain mercredi, en partenariat avec Basta, qui vient d’en publier le récit détaillé.


Emmanuel Giboulot, viticulteur en biodynamie, est comparu lundi 24 février devant le tribunal correctionnel de Dijon pour avoir refusé de traiter en chimie ses cépages de chardonnay et de pinot noir contre la maladie de la flavescence.

Un choix pour lequel il a reçu de nombreux soutiens notamment grâce à Internet et pour lequel il encourait jusqu’à six mois de prison et 30 000 euros d’amende.

Huit cents personnes sont venues le soutenir au tribunal de Dijon, rapporte le président de l’association Génération Futures, André Lefebvre, présent sur place. « La Présidente [ndlr. du tribunal ] est apparue très à l’écoute des explications de M. Giboulot portant notamment sur une soi-disant urgence à traiter les pieds de vignes de son domaine alors que la flavescente n’était pas présente dans sa commune ni dans les communes voisines ; si cela avait été le cas il aurait effectué un traitement à base pyrèthre autorisé en bio, malgré les inconvénients de cet insecticide sur l’équilibre de l’écosystème patiemment construit depuis 43 ans », relate-t-il dans un communiqué de presse.

Cette comparution a laissé une bonne impression : elle « augure d’une décision complaisante pour Emmanuel Giboulot. » Une amende de mille euros, assortie pour moitié du sursis, sans peine d’emprisonnement, a été requise à son encontre pour infraction pénale.

L’un des points de débats a porté sur la nécessite de mettre en place des mesures préventives pour éviter l’infestation des vignes en pulvérisant des insecticides dans la quasi-totalité du vignoble de Côte d’Or. Le préventif avec ce type de traitements chimiques s’apparente à du curatif qui ne peut venir à bout des problèmes, car il ne s’accompagne pas d’une vision systémique de l’agriculture, commente André Levebre.

Et de rappeler que quinze ans auparavant, alors qu’il dirigeait la profession agro-biologique et le Service d’éco-développement à Agricole et Rural de Bourgogne, quand les premiers pieds de vignes contaminés sont arrivés, il avait demandé au Préfet de prendre un arrêté pour rendre obligatoire les traitements à l’eau chaude des plants greffés contaminés provenant de la région Rhône-Alpes. Traitements refusés à l’époque.

Le délibéré lui est attendu le 7 avril.





Source : Reporterre.

Lire aussi : En procès pour avoir refusé... de polluer !.


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