Atlas enchanteur et coffret randos : les idées cadeaux pour les fêtes
- Montage Reporterre
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Durée de lecture : 10 minutes
Reporterre vous propose une sélection de beaux livres, BD poétiques et atlas sensibles à offrir en cadeau à vos proches. Et on ajoute quelques idées de films pour vous évader durant les fêtes !
En cette période de fêtes, nous vous proposons une sélection de beaux livres et de films pour vous évader ; d’expositions à aller voir avec vos proches ; et même des idées de randonnées pour déjà rêver à l’année qui vient. Plusieurs membres de la rédaction vous proposent leur coup de cœur de l’année 2025.
Les idées cadeaux de la rédaction
- Un magnifique atlas
Ce sublime atlas géographique allie les textes du géographe et anthropologue Damien Deville aux cartes de Perrin Remonté, elles-mêmes transformées en œuvres d’art à l’effigie du vivant par le travail des artistes Julianne Sedan et Cassandre Lepicard.
Leur leitmotiv : casser l’homogénéisation du monde, montrer ce que chaque territoire a d’unique, dévoiler les liens oubliés entre les vivants humains et non humains qui habitent et forgent nos paysages. Se revendiquant de la géographie culturelle, d’une démarche scientifique mêlée de poésie et de sensible, cet ouvrage propose une vision inédite de chaque région de France, à travers ses haies, ses jardins, ses volcans, ses villes et villages, ses marais et ses glaciers. On s’y promène avec délectation. L’ambition de contribuer à inventer une « cartographie du réenchantement » est amplement tenue.
Vincent Lucchese
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La France des mille lieux, de Damien Deville, Julianne Sedan, Cassandre Lepicard, Perrin Remonté, éd. Ulmer, octobre 2025, 192 p., 38 euros. |
- Un beau roman sur le départ d’une mère
Dans ce premier roman vif et tendre, le journaliste et auteur Ramsès Kefi met en scène la disparition soudaine d’Amani, 67 ans, figure discrète d’une cité ouvrière posée au bord d’une forêt. Son départ, sans éclat mais lourd de secrets, bouleverse le quotidien de son mari, Hédi, et de leur fils Salmane, 36 ans et employé d’un fast-food, enlisé dans une adolescence prolongée.
L’enquête que mène Salmane pour retrouver sa mère devient un chemin de transformation : retour aux origines de la famille, plongée dans les non-dits, confrontation à ce que l’on doit réparer, en soi et autour de soi. Le quartier de la Caverne, avec son PMU, ses habitués et ses murs tatoués, forme un personnage à part entière.
Roman caustique et bouleversant, Quatre jours sans ma mère raconte comment l’absence d’une femme oblige deux hommes à réapprendre le soin — à eux-mêmes, aux autres, à ce milieu qu’ils habitent sans le regarder.
Alexandre-Reza Kokabi
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Quatre jours sans ma mère, de Ramsès Kefi, éd. Philippe Rey, aout 2025, 208 p. 20 euros. |
- Une BD dans les forêts glacées du Yukon
Les adultes aussi peuvent être éblouis par un livre d’images. Ce magnifique ouvrage, illustré à la gouache, raconte sans mots (ou si peu) l’aventure du photographe animalier Jérémie Villet dans les forêts glacées du Yukon, au nord-ouest du Canada. De cette BD, n’attendez ni dialogues enflammés, ni rebondissements inattendus. Dans un monde saturé par le bruit, Alaska Highway fait le pari du silence. Quoi de mieux pour immerger les lecteurs dans l’atmosphère du Grand Nord ? D’une beauté incandescente, les planches peintes par Marie Larrivé nous font toucher du doigt ce que l’on doit ressentir en arpentant des jours durant une forêt enneigée, sous la lueur d’une aurore boréale, seulement entouré de loups, de caribous et autres animaux furtifs. Rafraîchissant et poétique.
Hortense Chauvin
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Alaska Highway, de Marie Larrivé (d’après une aventure de Jérémie Villet), éd. Les Baladeurs, 178 p., 25 euros. |
- La nature à hauteur d’enfant
C’est un livre un peu imposant, d’environ 30 sur 45 cm de haut, ce qui ne passe pas inaperçu dans un logement de petite taille... Loin de vous encombrer, votre tout-petit l’ouvrira comme une véritable fenêtre sur les merveilles de la nature. À l’intérieur : 120 mots nouveaux décrivant le vivant, avec de magnifiques illustrations à l’encre végétale, classées par mois de l’année. Dès quelques mois, les enfants pourront plonger dans ce livre géant et observer la nature au rythme des saisons. Quant aux adultes, certains apprendront sûrement de nouveaux mots comme le forficule, véritable nom du perce-oreille, ou la samare, qui désigne cette graine d’érable ou de frêne, en forme d’hélicoptère. Un premier pas dans le monde du naturalisme qui donne envie d’aller observer tout ceci en vrai !
Scandola Graziani
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L’imagier géant du Père Castor, Au fil des mois, Adeline Ruel. éd. Flammarion jeunesse, prix 19,90 euros. |
- Virée avec Claudie Hunzinger
Au début des années 1970, lors de la première vague de retour à la terre des « enfants de 68 », la citadine Claudie Hunzinger emménageait dans une ferme vosgienne avec son Francis, sa passion des livres et de Giono. Cet « endroit sauvage qui attendait ses sauvages », Bambois, allait lui donner la matière de son premier livre, et impulser cette langue sensorielle et vive comme un torrent qu’elle n’a cessé de déployer dans une bonne dizaine de romans autobiographiques.
Outre son chemin de vie, c’est la puissance de suggestion de cette langue que révèle cet entretien avec l’écrivain Fabrice Lardreau. Une langue qui traduit la porosité des corps aux éléments naturels (« aujourd’hui je me sens parfois neiger avec la neige quand il neige ») et donne vie à la nature dans « sa » langue. Lisez-la ou regardez ses Pages d’herbe, de grandes écritures végétales réalisées avec des tiges de graminée qu’elle expose dans les musées, et vous comprendrez mieux. Peut-être même en serez-vous ressourcé, poreusement heureux.
Catherine Marin
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Claudie Hunzinger, Forêts d’écriture, entretiens avec Fabrice Lardreau, éd. Arthaud, octobre 2025, 160 p., 15,90 euros. |
- Des idées randos clés en main
Votre cousine rêve de se mettre à la randonnée, sans savoir par où commencer ? Votre beau-frère jure qu’il est impossible de se dépayser sans prendre l’avion ? Exaucez l’une et détrompez l’autre avec ce coffret original et bien pensé. Composé d’une carte de beaux chemins européens, de 100 fiches itinéraires (contenant entre autres des indications pour atteindre les sentiers en train), et d’un livret didactique rempli de conseils pour bien organiser ses excursions, il rend accessible (et désirable) les aventures en autonomie, sans avion. D’autres versions existent pour les voyages en France, en Île-de-France ou à vélo.
Hortense Chauvin
| Recto Verso Europe, la carte-méthode pour organiser 100 aventures en Europe, 40 euros. |
Des idées pour s’évader :
- Colette, écolo avant l’heure
Colette allongée sur le ventre en tenue légère de faune, pour son rôle dans la pantomime Le Désir, la Chimère et l’Amour ; Colette journaliste, esthéticienne, avec son amoureuse Missy au Crotoy, etc. L’exposition présentée actuellement à la BNF à Paris, jusqu’au 18 janvier, rappelle avec bonheur que celle qui fut d’abord une « petite épouse bien sage » devint une femme et une écrivaine audacieuses (1873-1954), dont l’œuvre et l’existence se sont nourries d’un amour profond pour la nature.
Au milieu des 300 pièces exposées — photographies, manuscrits, « réservoirs d’odeurs » —, des livres d’artistes dévoilent sa prose sensorielle, précise, parfois mordante (envers les dominants) ou enrobée de tendresse. Dans Regarde !, par exemple, « un vol de crevettes s’élance (…), crevettes d’agate transparente, élégantes, chevelues de pattes délicates », qui fait écho aux hirondelles bleues de son enfance (voir le recueil Bêtes libres et prisonnières) ou à La Paix des bêtes, superbe plaidoyer animaliste publié en pleine Première Guerre mondiale. Pédagogique, agréable, le catalogue procure la même envie de (re)découvrir cette œuvre « écolo » avant l’heure.
Catherine Marin
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Catalogue Les mondes de Colette, sous la direction d’Émilie Bouvard, Julien Dimerman et Laurence Le Bras, 240 p., 150 illustrations, 35 euros. |
- De la préhistoire aux luttes écologiques contemporaines
L’Usage du monde est un passionnant voyage, comme le récit le plus célèbre de l’écrivain Nicolas Bouvier, auquel il emprunte son titre. Le film nous entraîne de la préhistoire aux terrains de luttes écologiques contemporains, pour mieux comprendre comment s’est construit le rapport de l’humanité à la nature, et pourquoi.
Il donne la parole à de nombreux chercheurs (l’historienne des sciences Valérie Chansigaud, le préhistorien Jean-Paul Demoule…), en ressuscite même certains avec des extraits de leurs livres, comme l’anthropologue Claude Lévi-Strauss ou l’écrivain Henry David Thoreau, et invite des porteurs d’alternatives à parler de leur travail de terrain pour préserver-restaurer faune et flore, notamment Sabine Couvert, naturaliste fondatrice de L’Hirondelle aux champs.
À ce patchwork stimulant de réflexions et d’alternatives sont associées de nombreuses images d’archives (dont certaines très édifiantes, sur la destruction des bisons aux États-Unis notamment). Musical, rythmé comme un film d’aventures, L’Usage du monde émeut autant qu’il convainc.
Catherine Marin
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L’Usage du monde, film écrit et réalisé par Agnès Fouilleux, 2024, 1 h 45, couleur. Sortie en DVD cet automne chez Bonnette et Minette, une association à but non lucratif |
- La vie de Petra Kelly
Si vous saisissez le nom de Petra Kelly (1947-1992) dans un moteur de recherches, vous saurez de suite qu’elle a été une militante importante du Mouvement pour la paix (contre la dissémination des armes nucléaires) et cofonda le parti allemand Die Grünen (Les Verts) en 1980. Mais ce film bien documenté (qui donne la parole à plusieurs proches de Petra) vous racontera des choses bien plus consistantes sur cette bouillonnante petite blonde au débit de parole impressionnant, qui disait haïr les partis — elle n’aurait fondé les Verts que pour pouvoir se faire entendre au Parlement, les associations n’y étant pas admises.
« Euroshima, jamais ! » Ces mots, Petra a pu les lire, adolescente, sur les pancartes des manifestations féministes aux États-Unis (qu’elle a rejoint en famille, depuis la Bavière, à l’âge de 12 ans). C’est sa première école, celle de la rue, du mouvement des droits civiques, des combats féministes et de la désobéissance civile. Elle en gardera la volonté de construire des luttes à la fois internationales (elle défendra, par exemple, les Amérindiens contre les sociétés minières occidentales qui polluent leur eau) et transversales (c’est-à-dire qui font le lien entre non-violence, féminisme et écologie). « Merveilleuse », dit un témoin dans le film, cette passionaria qui se réjouissait d’avoir été élevée par deux femmes rebelles sera malheureusement assassinée pendant son sommeil par son conjoint, un homme au lourd passif patriarcal (il avait servi la Wehrmacht durant la guerre). Un film très inspirant.
Catherine Marin
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Petra Kelly, une vie pour l’écologie et la paix, par Doris Metz, Allemagne, 2024, 1 h 30. Disponible sur Arte replay jusqu’au 18 mai 2026. |