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En bref — Eau, rivières, océans

Au fond des océans, une biodiversité riche et inconnue

Une communauté de vie près d'une source thermale à plus de 3 000 mètres de profondeur.

Les abysses océaniques abritent une biodiversité massive et inconnue ! C’est ce que révèlent les travaux d’une équipe de chercheurs internationaux dans une étude publiée le 4 février dans Science Advances. En particulier, les chercheurs montrent que les animaux et les végétaux benthiques, c’est-à-dire ceux fixés au sol ou se déplaçant en rasant le fond, y sont trois fois plus nombreux que dans les masses d’eaux océaniques. Et que les deux tiers de ces espèces restent pour l’instant inconnus.

Les scientifiques ont fait cette surprenante découverte alors qu’ils tentaient d’évaluer la biodiversité globale de l’océan et de décrire la répartition des espèces entre les différentes couches de l’océan (de la surface chaude et claire aux profondeurs obscures et froides). Ils ont notamment séquencé l’ADN extrait de près de 1 700 échantillons de sédiments profonds récoltés au cours de 15 campagnes océanographiques réalisées entre 2010 et 2016 dans tous les grands bassins océaniques, ainsi que ceux produits par les expéditions circumglobales Tara Oceans et Malaspina.

Une biodiversité menacée par l’exploration minière

Au cours de leurs travaux, les chercheurs ont aussi remarqué que les espèces qui coulent au fond de l’océan — et piègent, avec elles, le carbone — ne sont pas nécessairement celles qui sont les plus abondantes dans l’océan. Une observation qui souligne le rôle-clé de la biodiversité aquatique pour « le transfert et le stockage du carbone atmosphérique au fond de l’océan pour des millénaires ». Les chercheurs soulignent à cet égard l’importance de protéger les fonds marins « alors que les législations sur l’exploitation minière en haute mer sont en cours ».

Depuis plusieurs années, les ONG environnementales demandent à la communauté internationale de stopper les projets d’exploitation minière en eaux profondes. Car comme l’a souligné le rapport de Deep Sea Mining Campaign et MiningWatch Canada en 2019, celle-ci menace gravement les écosystèmes. Au printemps dernier, Greenpeace a lancé une pétition pour s’opposer à cette pratique.

Un appel auquel Emmanuel Macron est resté sourd puisqu’il a annoncé en octobre dernier que l’exploration des grands fonds marins constituait l’une des priorités du plan d’investissement France 2030. Une exploration qu’il a décrite comme « un levier extraordinaire de compréhension du vivant, d’accès à certains métaux rares, de compréhension du fonctionnement de nouveaux écosystèmes d’innovation ».

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