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Au printemps, la vie bascule vers la lumière

1er avril 2017 / Christine Laurent (Reporterre)



Le pêcher est en fleurs, les menthes repartent, les fraisiers projettent leurs stolons et la reine bourdon s’affaire. Sous le soleil printanier, la bonne humeur règne.

Ma bicyclette de ville est instable à cause du poids des sacoches et je préfère terminer à pied le chemin de terre caillouteux qui mène au jardin pour éviter une chute. Les enfants conduisent leur poney, bridé à la main, vers les paddocks. Les bottes de paille rejoignent le fond des box d’un geste énergique. La bonne humeur règne et le soleil y est pour beaucoup !

Les plantes s’enhardissent et l’on sent comme un basculement dans la vie qui se déploie à travers les feuilles des rhubarbes, la ciboulette, dont les boutons de fleurs sont déjà là, les menthes qui repartent et notre première cueillette d’oseille ! Le pêcher est en fleurs, les feuilles aussi s’ouvrent sans qu’à ce stade la cloque du pêcher ne semble se manifester.

C’est son vrombissement juste au-dessus de moi, alors que je dégage les rejets d’acanthe qui gagnent les bulbes d’ail qui m’a fait lever le nez. La reine bourdon, celle de la semaine dernière ou une autre, butine et cette fois son manteau à l’extrémité blanche se distingue sur le bleu du ciel. Pas d’erreur, le Jardin sans pétrole abrite Bombus lucorum. Cette espèce s’installe sous terre, dans le nid abandonné d’un petit rongeur. Au milieu des brins d’herbe sèche, de mousse et de feuilles, elle ménage un espace pour déposer une petite cupule en cire qu’elle remplit de pollen. Elle y pond ses œufs, puis la referme. Tout va très vite : les œufs donnent des larves en 5 à 6 jours, des nymphes après 10 jours, des ouvrières 10 jours plus tard. En un mois, la reine couveuse assure la relève et sort de moins en moins du nid où elle continue à pondre et à couver, apportant parfois un complément de miel à ses protégées tandis que les ouvrières approvisionnent la colonie.

Les oiseaux ont adouci leur chant 

Utiliser la grelinette nous place dès aujourd’hui devant une grande responsabilité. Il ne faudrait pas bousculer un nid de Bombus lucorum !

Dans ma solitude jardinière, affairée à mettre un peu d’ordre et de compost dans les carrés de fraisiers où prolifèrent stolons et rejetons, j’ai à peine entendu la visite d’un colibri ! Plutôt une, qui jardine à 500 mètres de là, et fait partie du cercle de cœur d’un futur groupe local du mouvement lancé par Cyril Dion il y a maintenant 10 ans. Don de graines et de paroles vivantes sur l’art et la manière de prendre soin d’une petite parcelle de terre. Mon réseau de jardiniers s’étend le long de la vallée de la Juine… de Chamarande à Lardy.

Je fais un tour sur la lisière du bois cueillir quelque tendres pissenlits qui émergent des feuilles et dans la lumière qui décline, les oiseaux ont adouci leur chant, qui résonne comme une douce mélodie. En plus de l’oseille, de la ciboulette et des pissenlits, je rapporte les fraisiers surnuméraires pour les habitants du 11e. Dimanche, « enjardinez-vous » était le mot d’ordre du quartier.




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Source : Christine Laurent pour Reporterre

Photos : © Christine Laurent/Reporterre sauf :
. chapô : Les fraisiers.

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