Aux Universités des ruralités, Tondelier avance ses pions pour 2027
Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, lors de la manifestation intersyndicale à Paris, le 2 octobre 2025. (Photo d'illustration) - © Augustin Pasquini / Hans Lucas via AFP
Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, lors de la manifestation intersyndicale à Paris, le 2 octobre 2025. (Photo d'illustration) - © Augustin Pasquini / Hans Lucas via AFP
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La crainte d’une percée de l’extrême droite était au cœur des Universités des ruralités des Écologistes, en Normandie, du 24 au 26 octobre. Un rendez-vous aux airs de campagne présidentielle pour Marine Tondelier.
Coutances (Manche), reportage
« Cette table ronde était très intéressante, même si nous repartons avec beaucoup plus de questions qu’en arrivant ! » De passage en Normandie, Julie et sa compagne, venues de Bruxelles, discutent avec enthousiasme de la grosse heure passée à échanger dans une salle de la mairie de Coutances sur le thème « Les classes populaires et la ruralité ». Parmi les dizaines de sujets abordés par ces Universités des ruralités écologistes, dont la pêche et l’agriculture, à cinq mois des élections municipales, l’organisation a insisté sur un thème en particulier : l’extrême droite.
Sur le parvis du bâtiment public, on s’abrite alors que les bourrasques et la pluie émaillent la journée, entre les épisodes de soleil d’automne. C’est la troisième édition des Universités des ruralités écologistes, après Die (Drôme) en 2023 et Épinal (Vosges) en 2024. « Les dernières grandes journées d’été d’Europe Écologie-Les Verts avaient eu lieu à Coutances en 2006 et cela montre qu’il y a un tissu assez accueillant dans le secteur pour les Verts », explique Guillaume Hédouin, conseiller régional écologiste en Normandie.
Venues de toute la France, plus de 300 personnes ont ramené de la Manche beaucoup d’idées de réflexion, mais aussi quelques clichés locaux, entre la météo, les pommes disséminées en guise de décoration et les burgers au camembert proposés au menu.
Pendant trois jours, du 24 au 26 octobre, mais essentiellement le dernier jour, le centre de la petite ville bien connue pour sa cathédrale a vu passer de petits groupes allant de plusieurs lieux accueillant des tables rondes, des formations et des rencontres, en suivant de discrets panneaux pour se diriger. Les plus aventureux ont même pu aller visiter des lieux emblématiques de la région, comme des sites nucléarisés du Cotentin ou un parc ostréicole.
Un air de campagne présidentielle
Venue officiellement pour dédicacer Demain, si tout va bien..., son livre publié aux éditions Albin Michel, Marine Tondelier, officiellement candidate à la présidentielle, était attendue par les militants présents pendant un weekend aux airs de campagne (présidentielle) par moments. « Je constate que les Français ont souvent choisi leur président par antithèse du précédent, avance-t-elle à Reporterre. Il y a eu l’agitation de Sarkozy, puis le président normal, puis Jupiter et, maintenant, ils veulent quelqu’un de collectif, selon moi. Une personne qui parte de la base des territoires, qui est ancrée, non déconnectée ni méprisante avec les Français. »
Coutances et le bocage normand arrivaient donc à point nommé, bien que l’essentiel était ailleurs tout au long des discussions au sein des militants du parti. « Ici, nous sommes plutôt avec des gens convaincus, l’objectif est un peu différent dès le moment où l’on vient porter la contradiction », explique Benoît Biteau, député écologiste de Charente-Maritime.
Cette année, le sujet de l’extrême droite est souvent revenu sur la table. Un choix assumé par Marine Tondelier. « C’est de la lucidité de faire un focus sur cette famille politique actuellement et nous y consacrons toute notre énergie », analyse la secrétaire nationale des Écologistes. Localement, le Sud-Manche ne voit pas de percée réelle des partisans de Marine Le Pen, mais ce weekend voulait aller au-delà de l’échelle régionale. « Il n’y a pas de fatalité à l’extrême droite dans les zones rurales et nous voulions ici finement analyser en groupe ce qui s’y passe », détaille Guillaume Hédouin, conseiller régional.
Plusieurs tables rondes ont ainsi exposé les mécanismes des partis conservateurs pour arriver au pouvoir en zone rurale, tout en soulignant leurs limites sur le long terme. « Certains ateliers concernaient les classes populaires et cela me paraît être un axe primordial pour aller chercher les électeurs du Rassemblement national », juge Rodrigue, venu de l’Ariège. Inscrit sur une liste en vue des municipales de mars 2026, le jeune homme a ainsi assisté à plusieurs rendez-vous pour glaner des récits militants de différents territoires ruraux de l’Hexagone.
Des journalistes pas pressés de venir
Bien que la journée de samedi se soit joyeusement conclue en musique autour d’une foire aux vinyles, militants comme élus gardaient en tête les prochaines échéances électorales, notamment les élections municipales et le spectre de voir tomber des territoires aux mains de l’extrême droite.
« Cet événement conforte aussi beaucoup de nos adhérents qui militent dans nos territoires ruraux, estime Marine Tondelier. En plus d’un tel weekend, tout au long de l’année nous leur proposons des formations ensemble et des réunions. Ils sont appuyés au niveau de leur programme, c’est un travail de fond, de réflexion et d’analyse au long cours. »
Si la presse locale avait annoncé ces Universités des ruralités, peu ou pas de journalistes ont fait le déplacement jusqu’en Normandie. « Il y a un vrai sujet médiatique sur l’attention qui est portée à la ruralité, qui constitue pourtant une grande partie du territoire national, regrette Marie Pochon, députée du groupe écologiste de la Drôme. C’est un weekend très précieux, surtout au niveau des discussions. Nous sommes la seule famille politique à organiser un tel événement en essayant d’aller un peu partout. L’année prochaine, ce sera sans doute à Gaillac. » Le rendez-vous est pris, en Occitanie si tout va bien.