Avion : la hausse du trafic annulera les bénéfices des biocarburants
En 2050, le trafic aérien de passagers au départ de l’UE aura doublé par rapport à 2019. - Pexels/CC/Jimmy K
En 2050, le trafic aérien de passagers au départ de l’UE aura doublé par rapport à 2019. - Pexels/CC/Jimmy K
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D’ici 2050, le trafic aérien de passagers au départ de l’Union européenne aura doublé, comparé à 2019. Telles sont les conclusions d’une étude, publiée le 13 janvier par le collectif d’ONG Transport & Environment (T&E). En analysant les projections d’Airbus et de Boeing, les auteurs démontrent qu’au mitan du XXIe siècle, le secteur consommera 59 % de carburant en plus qu’en 2019.
L’essor des biocarburants et carburants de synthèse saura-t-il compenser cette croissance débridée ? Non, poursuivent les chercheurs. Même en utilisant 42 % de carburants alternatifs — comme l’exige la loi européenne —, ces avions brûleront en 2049 autant de kérosène fossile qu’en 2023. Autrement dit, 21,1 millions de tonnes par an.
Résultat : si ces chiffres de croissance se confirment, les émissions des appareils décollant d’Europe diminueront seulement de 3 % en 2049, par rapport à 2019. Le secteur est donc bien loin d’entrer dans les clous de la trajectoire européenne de décarbonation.
« Nous nous félicitons de l’objectif de réduction des émissions de 90 % [d’ici à 2040] fixé par la Commission, déclare Jérôme du Boucher, de T&E France. Mais un tel objectif n’a aucun sens s’il ne s’accompagne pas de politiques concrètes visant à réduire les émissions de l’aviation. Le secteur a bénéficié d’innombrables exemptions au cours de son histoire ; il est temps de changer de cap. »