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Canicule

Canicule : les éleveurs bretons forcés d’enfouir des tonnes de cadavres d’animaux

Le total des 5 000 tonnes d’animaux enfouis à l’échelle régionale concerne en tout 763 exploitations. (Photo d'illustration)

5 000 tonnes d’animaux morts de chaleur et désormais enfouis un peu partout en Bretagne. Dans cette région de France qui concentre le plus d’élevages pour la viande, la canicule de juin a été un véritable carnage pour les bêtes.

Dès le début des fortes chaleurs — Vannes a culminé à 42 °C et Rennes à 41 °C, du jamais-vu — les stations d’équarrissage de la Secanim, entreprise agréée par l’État pour traiter les charognes d’élevages, se sont retrouvées dans l’incapacité d’absorber les milliers d’animaux morts.

« Nos capacités de transformation sont au maximum, nos camions fonctionnent à plein régime, les machines fonctionnent plein pot », a déclaré au Télégramme, mercredi 24 juin, Hervé Fumery, directeur chargé des relations avec les éleveurs pour la Secanim, parlant d’une mortalité 6 à 7 fois plus élevée que d’habitude.

Lire aussi : Canicule : au moins 1 000 morts supplémentaires en France

Face à cette surmortalité, la préfecture de Bretagne a donné l’autorisation aux éleveurs, par un arrêté du jeudi 25 juin, d’enfouir eux-mêmes leurs volailles et porcs achevés par la canicule. En dessous de 3 tonnes d’animaux à enfouir, une simple déclaration était nécessaire. Au dessus de 3 tonnes, un hydrogéologue mandaté par la préfecture doit alors valider ou non le lieu d’enfouissement. L’arrêté est valable jusqu’au vendredi 1er juillet.

6,5 tonnes d’animaux morts par exploitation

Rien que pour le Finistère, la préfecture du département a annoncé lundi 29 juin que 561 tonnes de volailles et de porcs ont été enfouies pour 208 exploitations. « Chaque élevage concerné a bénéficié d’un accompagnement, et une réponse adaptée a été apportée à chaque cas. Une hydrogéologue s’est mobilisée durant tout le week-end pour accompagner les éleveurs dans le choix des terrains d’enfouissement », a précisé la préfecture dans un communiqué.

Le nombre exact d’animaux morts n’est pas connu. Le total des 5 000 tonnes d’animaux enfouis à l’échelle régionale concerne en tout 763 exploitations, a annoncé la Draaf, antenne régionale du ministère de l’Agriculture, lors d’une énième réunion de crise avec le monde agricole breton, lundi 29 juin. Des chiffres que la préfecture de Bretagne a pu confirmer à Reporterre. Ce qui fait en moyenne 6,5 tonnes d’animaux morts par exploitation.

« Ces 5 000 tonnes de cadavres représentent des centaines de milliers d’animaux »

« En supposant qu’une poule morte en cours de croissance pèse en moyenne 2 kilos et un porc 100 kilos, l’on peut vite comprendre que ces 5 000 tonnes [5 millions de kilogrammes] de cadavres représentent des centaines de milliers d’animaux », fait remarquer Nathan Martin, cosecrétaire de la Confédération paysanne du Finistère.

5 000 tonnes de poules mortes équivaudraient alors à 2,5 millions de poules. 5 000 tonnes de cochons morts représenteraient 50 000 cochons. Des résultats ici hypothétiques qui permettent de mieux imaginer l’ampleur des dégâts : il s’agit d’une véritable hécatombe. Et la nouvelle canicule attendue en début de semaine prochaine risque de voir d’autres milliers de volailles et porcs périr.

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