Chasse traditionnelle : le « terrible affront » du ministre chargé de la Biodiversité
Le soutien du ministre délégué chargé de la Transition écologique aux chasses traditionnelles est un «terrible affront à la nature», selon la LPO. Ici, une palombe. - Wikimedia Commons/CC BY-SA 2.0/Marek Szczepanek
Le soutien du ministre délégué chargé de la Transition écologique aux chasses traditionnelles est un «terrible affront à la nature», selon la LPO. Ici, une palombe. - Wikimedia Commons/CC BY-SA 2.0/Marek Szczepanek
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Le 15 novembre, dans les Landes, le ministre délégué chargé de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, à l’invitation de la Fédération des chasseurs, a choisi de déjeuner dans une palombière près de Mont-de-Marsan. Objectif : afficher son soutien aux chasses traditionnelles d’oiseaux sauvages, pratiquées localement à l’aide de filets ou de glu.
« J’étais très heureux de venir, d’abord pour saluer cette tradition, pour saluer cette culture, ce patrimoine, et puis également pour dire que je souhaitais la préserver en expliquant qu’il est possible de concilier le respect du droit européen et la préservation des spécificités françaises », a-t-il déclaré, selon France Bleu.
Face aux règles fixées par la directive Oiseaux de 1979, Mathieu Lefèvre défend l’idée que la capture de palombes au filet pourrait être considérée comme une chasse suffisamment sélective. Il a donc annoncé son intention de demander au Conseil d’État de saisir la Cour de justice de l’Union européenne afin de clarifier l’interprétation du texte.
Cette initiative intervient alors que plusieurs tribunaux ont récemment confirmé l’illégalité des expérimentations menées pour justifier ces pratiques, et que le Conseil d’État a suspendu en septembre un arrêté autorisant la capture de dizaines de milliers d’alouettes.
Le ministre affirme toutefois qu’aucune nouvelle autorisation ne sera envisagée avant une réponse claire au niveau européen.
Cette prise de position a immédiatement fait réagir la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), qui dénonce la poursuite de la chasse d’espèces en déclin. « C’est un terrible affront à la nature, au droit, à la science et à l’immense majorité de nos concitoyens opposés à ces pratiques moyenâgeuses », critique son président, Allain Bougrain-Dubourg.