Arabie saoudite : pour les ouvriers, le Mondial de foot 2034 est un enfer
Des ouvriers sur un chantier en Arabie saoudite, durant une vague de chaleur, en mai 2022. - © Fayez Nureldine / AFP
Des ouvriers sur un chantier en Arabie saoudite, durant une vague de chaleur, en mai 2022. - © Fayez Nureldine / AFP
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Alors que l’Arabie saoudite se prépare à accueillir la Coupe du monde de football en 2034, Human Rights Watch (HRW) a publié mercredi 14 mai un rapport accablant sur les conditions de travail des migrants employés sur les chantiers, qui s’accélèrent à l’approche de l’événement.
L’organisation évoque un « environnement de travail extrêmement dangereux » où des ouvriers originaires d’Asie du Sud — Inde, Népal, Bangladesh — sont morts dans des circonstances souvent dramatiques : électrocutions, décapitations, chutes mortelles.
Basée sur des entretiens avec les familles de 31 travailleurs décédés, l’enquête révèle que nombre de ces morts sont classées à tort comme « naturelles », empêchant toute indemnisation. Même lorsque les décès sont reconnus comme professionnels, les démarches administratives sont longues, opaques, et souvent infructueuses. Il a été proposé à des familles d’enterrer les corps en Arabie saoudite contre compensation, certaines contraintes d’endetter leur foyer pour rapatrier les dépouilles.
« Pas de Mondial en Arabie saoudite sur le dos d’ouvriers morts »
Le bilan des morts n’est pas connu. Ambet Yuson, secrétaire général de la Fédération internationale des syndicats d’ouvriers de la construction et du bois (BWI), et partenaire de HRW, a indiqué à l’AFP : « Plus de mégaprojets, de ville intelligente, de Mondial en Arabie saoudite sur le dos d’ouvriers morts. »
HRW accuse la Fifa d’avoir attribué la compétition sans exiger de garanties sur les droits fondamentaux des travailleurs. L’ONG exige désormais la mise en place de mécanismes concrets : assurance-vie obligatoire, enquêtes systématiques sur les décès et indemnisation rapide des familles. À l’image des dérives observées au Qatar en amont du Mondial 2022, l’ONG craint que, sans contrôle, la Coupe du monde 2034 se joue au prix d’un lourd coût humain.