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DVD ou streaming, lequel pollue le moins ?

Des DVD.

Mieux vaut-il acheter un livre en librairie ou s’équiper d’une liseuse numérique ? Est-il moins polluant d’avoir sa collection de DVD ou d’être abonné à une plateforme de streaming (diffusion par internet) ? Lundi 21 novembre, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) a publié une étude sur le coût environnemental de la numérisation des services culturels. Résultat : tout est une question d’intensité d’usage.

Pour déterminer s’il est judicieux ou non de s’affranchir des supports physiques, les chercheurs ont pris en compte toutes les étapes du cycle de vie des services, de la fabrication à la fin de vie. Et ce, avant d’évaluer les effets sur différents critères environnementaux, telles que les émissions de gaz à effet de serre, l’utilisation de matières premières et la pollution de l’air.

Une dizaine de romans par an

Alors que ressort de cette étude ? Si vous lisez plus qu’une dizaine de romans par an, le recours à une liseuse numérique serait préférable aux versions papier. Quant aux conséquences environnementales d’un CD, celles-ci s’amoindrissent à mesure des écoutes. Seule sa conservation des dizaines d’années, son prêt ou sa vente avant qu’il ne finisse abandonné dans une vieille armoire, peuvent le rendre plus propre que sa version numérique.

La numérisation des services culturels n’est pourtant pas un cadeau pour l’environnement. Autrefois jugulée par les supports physiques, la consommation de films et de musiques a explosé avec l’apparition de la diffusion par internet. Ce phénomène s’accompagne aujourd’hui d’une montée en gamme et d’une envie de renouvellement plus précoce des équipements, avec des écrans toujours plus grands et une résolution toujours plus haute. Or ces équipements pèsent lourds dans la balance écologique : ils représentent plus de 90 % des répercussions environnementales dans l’écoute de musique à distance et plus de 80 % pour les jeux vidéos.

Diviser par six son bilan carbone, c’est possible

L’Ademe conseille « de privilégier l’usage du wifi aux réseaux mobiles », les infrastructures de la 4G et de la 5G consommant bien plus d’électricité. Elle recommande par ailleurs de télécharger les contenus en amont durant les heures creuses, d’éviter au maximum l’usage de vidéo en ligne et d’adapter la résolution de la vidéo à l’équipement utilisé pour en limiter le poids.

S’ils sont appliqués, ces conseils permettent une réelle limitation des contrecoups environnementaux. En basse définition et en wifi, 7 heures par semaine de vidéo en flux sur tablette correspondent par exemple au bilan carbone d’un voyage de 20 km en voiture… Et celui-ci grimpe à 133 km, soit plus de six fois supérieur, si ce visionnage s’opère en haute définition et en 4G. Sur le site de l’Ademe, un simulateur vous permet de comparer les empreintes carbones de vos usages numériques à celles des versions physiques.

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