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De l’art de bien répartir les plantes pour se passer des pesticides

21 mai 2016 / par Christine Laurent (Reporterre)



Pour prévenir les maladies des plantes tout en se passant de produits chimiques, il faut bien répartir leur implantation dans le temps et dans l’espace du jardin.

C’est une journée de semis, de plantation et de repiquage : les cressonnettes marocaines sont repiquées sous les haricots à rame. La place libérée dans la pépinière accueille des semis de courges et de betterave.

Le froid alterne au coup de chaud et le tricot reste de rigueur. Les saints de glace n’ont pas apporté les dernières gelées mais une bête (limace ? escargot ?) n’a fait qu’une bouchée d’un petit plan de concombre que j’avais repiqué la semaine dernière, faisant fi du barrage de copeaux de peuplier et de broyat de coquilles d’œufs ; le premier a sans doute annihilé l’effet du second !

Aujourd’hui, nous réfléchissons à l’organisation du jardin et à l’emplacement des légumes. Pour limiter les risques de maladies, il est important de laisser deux années entre chaque plantation d’une même famille potagère. On ne le fait pas pour les légumes qui poussent rapidement comme les salades à couper, mais pour ceux qui restent plusieurs mois, il est préférable d’appliquer la rotation des cultures.

L’espèce ne suffit pas, il faut considérer la famille botanique : Fabacées pour les pois, les fèves et les haricots, Chénopodiacées pour l’arroche, les blettes, les betteraves, Crucifères pour les choux verts ou rouges, les brocolis et les choux-raves, les radis et les navets, Composées pour les artichauts, les chrysanthème comestibles ou les topinambours, Solanacées pour les pommes de terre, les tomates, les piments, Cucurbitacées, famille à laquelle appartiennent toutes les formes de courges, courgettes, concombres et cornichons, Apiacées pour les carottes, Valérianacées pour la mâche et Alliacées pour l’ail, l’oignon, le poireau et l’asperge - ceci en m’en tenant aux légumes que nous renouvelons chaque année.

Cette gestion prophylactique du potager s’impose à tous les jardiniers, notamment ceux qui ne veulent pas utiliser de produits chimiques. Elle consiste à définir des « zones » pour chaque légume et à changer chaque année en tenant compte de la famille d’origine.

Mais dans notre jardin, les légumes sont mélangés autant que possible, même si comme dans la nature où l’on observe des « stations » où les plantes d’une même espèce sont regroupées : nous semons un îlot de carotte ici, repiquons des poireaux là, mettons les pois gourmands là-bas... En fonction de la place disponible, les arbustes et les plantes perpétuelles occupant de plus en plus les buttes.

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Tranquille, en fin de journée, le jardin sans pétrole. Au premier plan, l’aubépine en fleurs.

Jusqu’à maintenant chaque nouveau printemps s’est accompagné d’une extension de notre surface cultivable et la taille des arbres a aussi permis d’améliorer l’ensoleillement au sol, si bien que le changement de place des plantes potagères s’est fait sans que cela ne nous préoccupe.

Nous voici maintenant dans le monde fini de notre potager dont nous ne pourrons plus agrandir la surface. Il nous reste à explorer les hauteurs en palissant les plantes qui peuvent l’être ainsi que les profondeurs, en tenant compte de la longueur de leurs racines. La semaine prochaine, j’emporte un mètre et je fais un plan précis du jardin pour localiser notre presque centaine de variétés comestibles !




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Source : Christine Laurent pour Reporterre

Photos : © Christine Laurent/Reporterre

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