Décarbonation des navires : un accord historique reporté sous pression des États-Unis
Ce plan stipulait que les gros navires - dont la capacité dépasse les 5 000 tonnes - devraient, d’ici 2028, soit réduire l’intensité carbone de leurs carburants, soit payer des pénalités. - Pxhere / Creative Commons by CC0
Ce plan stipulait que les gros navires - dont la capacité dépasse les 5 000 tonnes - devraient, d’ici 2028, soit réduire l’intensité carbone de leurs carburants, soit payer des pénalités. - Pxhere / Creative Commons by CC0
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La décarbonation des cargos devra encore attendre. Vendredi 17 octobre, les pays membres de l’Organisation maritime internationale (OMI) ont repoussé d’un an l’adoption du plan mondial de réduction des émissions de gaz à effet de serre des navires de commerce.
Ce report, qualifié de « regrettable » par une porte-parole de la Commission européenne, a été soutenu par l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, et les États-Unis de Donald Trump. Ces derniers ont tout fait pour enterrer ce texte lors de la semaine de négociations, à Londres, allant jusqu’à menacer les pays favorables de sanctions économiques.
Approuvé en avril, ce plan stipulait que les gros navires — dont la capacité dépasse les 5 000 tonnes — devraient, d’ici 2028, soit réduire l’intensité carbone de leurs carburants, soit payer des pénalités. À l’époque, les ONG environnementales avaient regretté le manque d’ambition de ce cadre. Quoique « historique », il ne serait, selon leurs estimations, pas parvenu à décarboner le secteur d’ici le mitan du siècle — tel que l’avaient promis les États membres de l’OMI en 2023.
« Une guerre contre le multilatéralisme et la diplomatie climatique »
« Grâce à son leadership, les États-Unis ont empêché une augmentation massive des taxes imposées par l’ONU aux consommateurs américains, qui aurait servi à financer des projets climatiques progressistes », a commenté Marco Rubio, le chef de la diplomatie américaine.
« Les États-Unis mènent une guerre contre le multilatéralisme, la diplomatie onusienne et la diplomatie climatique », a réagi Faïg Abbasov, directeur du programme maritime de l’ONG européenne Transport & Environment. Un « hiver froid » s’est emparé des instances de négociations internationales, regrette-t-il. L’expert appelle l’Europe à ne pas abandonner pour autant toute politique climatique, en mettant en place « une mosaïque bien conçue et coordonnée d’actions nationales et régionales ».