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Déchets nucléaires : le financement de Cigéo n’est « pas garanti dans la durée »

Le chantier du site de stockage des déchets radioactifs Cigéo, à Bure (Meuse), le 8 août 2024.

Y aura-t-il assez d’argent pour enfouir l’intégralité des déchets radioactifs les plus dangereux ? Dans un rapport publié le 4 juin, la Cour des comptes alerte sur le fait que « les ressources destinées [au centre de stockage des déchets radioactifs] Cigéo ne sont pour l’instant pas garanties dans la durée ». Lancé il y a environ vingt-cinq ans à Bure (Meuse), ce projet consiste à descendre à environ 500 mètres sous terre les 83 000 m3 — au minimum — de déchets prévus dans sa version originelle.

Pour l’heure, deux phases se distinguent, avec chacune un outil de financement associé. Jusqu’à la publication du décret d’autorisation de création de Cigéo, la phase « conception » doit être financée par une « contribution spéciale » des producteurs de déchets (EDF, Orano et le Commissariat à l’énergie atomique, principalement). Ensuite, un « fonds construction » est censé prendre le relais.

Jusqu’à 37,5 milliards d’euros

Problème, ce fonds est censé être abondé au moyen de conventions entre l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), qui porte le projet, et les producteurs de déchets, avec « une visibilité faible au-delà de la période de validité des conventions, avec des risques d’arrêt à chaque renouvellement ». La Cour des comptes réclame donc « la définition d’un mode de financement pérenne ».

Le projet Cigéo pourrait coûter entre 26,1 milliards et 37,5 milliards d’euros, selon la dernière estimation de l’Andra, rendue publique le 12 mai. Ce montant pourrait bouger, tant l’exercice de chiffrage est rendu complexe par la durée de vie hors norme du projet — la fermeture définitive est envisagée en 2150 — et les premiers dérapages de calendrier : le projet accuse déjà « au moins vingt ans » de retard, rappelle la Cour des comptes. Une goutte d’eau dans le trou noir financier que représente la filière nucléaire française et sa relance, documenté par l’enquête de la journaliste Laure Noualhat, Le nucléaire va ruiner la France.

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