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Tribune — Sivens

Delphine Batho : au Testet, « il faut rétablir le moratoire sur les travaux »

Delphine Batho a eu à étudier le projet de barrage de Sivens quand elle était ministre de l’Ecologie. Elle dit avoir refusé l’autorisation, en raison de l’avis du Conseil national de protection de la nature. Elle demande à Mme Royal de déclarer un moratoire.


Interrogée par Reporterre, Delphine Batho, qui a été ministre de l’Ecologie entre 2012 et 2013 se désole : « On ne doit pas mourir à 20 ans pour avoir défendu la nature ».

Pour elle, « une procédure judiciaire est en cours. Le défenseur des droits pourrait être saisi (chargé de la responsabilité de la déontologie des forces de l’ordre), en complément, cela permettrait un élément de transparence supplémentaire ».

« De manière générale, on aurait jamais dû en arriver là, car les travaux n’auraient jamais dû commencer. Le préfet aurait dû se ranger à l’avis du Conseil national de protection de la nature, il n’aurait jamais dû y avoir d’autorisation pour ce projet. Il y a eu par deux fois un avis défavorable du CNPN.

« Lorsque j’étais ministre, le préfet m’avait demandé de déroger à l’avis du CNPN sur le projet du barrage de Sivens, et j’avais refusé, en juin 2013. C’est après mon limogeage que l’autorisation a été donnée, mais tous les éléments d’appréciation étaient dans les mains de l’administration. »

Que faut-il faire ?

« Pas seulement suspendre, mais aussi arrêter et reboiser, les dégâts sont lourds, certes, mais on ne peut pas considérer la situation comme un fait accompli, on ne doit pas entériner son caractère irréversible. Le projet est construit sur de faux arguments. Celui qui consiste à le présenter comme un soutien au débit d’étiage est irrecevable, car c’est bien une retenue de substitution. Par ailleurs, l’ouvrage n’est pas d’intérêt général, car il est destiné à une petite minorité d’exploitants. Pour toutes ces raisons, il faut rétablir un moratoire ».

Autres réactions : José Bové, Corinne Lepage, les Amis de la Terre, FNE

Corinne Lepage a indiqué à Reporterre « ressentir forcément beaucoup d’émotion quand on voit un jeune homme de cet âge qui meurt ». « Je réclame que toute la lumière soit faite, car c’est incontestablement très bizarre ce qui s’est passé ». Selon l’ancienne ministre de l’Environnement, « ce qui s’est passé mérite au moins la suspension des travaux, le temps de reprendre l’étude d’impact qui n’a pas l’air bien ficelé ».

De leur côté, les Amis de la Terre jugent que les casseurs sont ceux qui détruisent la nature.

France Nature Environnement, dont Rémi Fraisse était membre d’une association, s’est déclaré « en deuil ».

José Bové, député européen EELV de Midi Pyrénées a conclu pour sa part qu’« il ne fallait pas commencer les travaux ».

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