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En brefPollutions

Des polluants éternels retrouvés jusqu’en Amazonie

Des chercheurs ont mesuré la concentration de polluants éternels dans l’air de la plus grande forêt tropicale du monde.

Les polluants éternels ont fait leur trou jusqu’en Amazonie. C’est ce qu’a découvert une équipe de chercheurs, dans une étude (en anglais) publiée le 20 août dans la revue scientifique Science of the Total Environment.

Les chercheurs ont mesuré la concentration de polluants éternels – les PFAS, des substances ultratoxiques prisées pour leurs propriétés antiadhésives, antitaches et imperméabilisantes – dans l’air de la plus grande forêt tropicale du monde. Pour ce faire, ils ont déployé pendant deux semaines des capteurs sur une tour d’observation scientifique de 325 mètres de haut installée au cœur de la jungle.

Différents types de substances ont été testées. Seules des concentrations significatives de PFOA – ou acide perfluorooctanoïque, classé cancérogène par le Centre international de recherche sur le cancer – ont été retrouvées, variant en fonction de la direction du vent.

Lorsqu’il venait de zones reculées, au nord-est et à l’est de la forêt tropicale, les niveaux de PFOA étaient relativement faibles : jusqu’à environ 0,09 picogramme (ou trillionième de gramme) par mètre cube d’air au niveau du sol. Lorsqu’il soufflait depuis Manaus, le centre industriel brésilien le plus proche, elles étaient bien plus importantes, atteignant plus de 2 picogrammes par mètre cube à 320 mètres au-dessus du sol, et environ 1,4 picogramme par mètre cube au niveau de la canopée.

La source exacte de pollution est incertaine, précise l’auteur principal de cette étude, Ivan Kourtchev, au média étasunien New Scientist. Le scientifique pense néanmoins qu’elle pourrait provenir d’une usine chimique.

Les systèmes reproductifs de la faune affectés

Jusqu’à présent, des PFAS n’avaient jamais été mesurés dans l’atmosphère amazonienne. Ces molécules très persistantes, dont la commercialisation a commencé dans les années 1950, sont omniprésentes dans l’environnement. Le programme de biosurveillance Esteban a montré, en 2020, qu’ils étaient détectables dans le sang de toute la population française. Des scientifiques en ont trouvés jusque dans les tissus des ours polaires du Groenland.

Les effets de ces molécules sur l’écosystème amazonien sont encore incertains. Auprès des journalistes de New Scientist, Ivan Kourtchev s’est cependant dit inquiet : « Le PFOA est un perturbateur endocrinien qui peut interférer avec des hormones telles que les hormones thyroïdiennes et reproductives, ce qui peut affecter le métabolisme, la croissance, la fertilité et le développement. Sa présence dans un environnement vierge abritant une flore et une faune uniques pourrait avoir un impact sur la biodiversité en affectant les systèmes reproductifs de la faune. »

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