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Photographe dans les Vosges ©Mathieu Génon/Reporterre

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Pesticides

Des résidus de pesticides détectés dans les bouteilles d’eau minérale

Des analyses menées par 60 millions de consommateurs révèlent la présence de pesticides et de médicaments dans plusieurs échantillons d’eau embouteillée.


Selon le magazine 60 millions de consommateurs et la Fondation Danielle Mitterrand - France Libertés, environ 10% des eaux en bouteille présenteraient des traces infimes de pesticides et de médicaments.

L’analyse réalisée par le magazine a porté sur 47 bouteilles d’eau, trois bonbonnes d’eau, et une dizaine d’échantillons d’eau du robinet prélevés dans trois départements.

Sur les bouteilles d’eau étudiées (Vittel, Volvic, Cora, Cristalline, Salvetat, Saint-Yorre...), portant sur l’ensemble du marché, 37 ne présentaient aucune trace des 85 molécules recherchées. Dix en revanche contenaient des résidus de médicaments et pesticides, dont des traces d’Atrazine et d’Hydroxyatrazine, des désherbants pourtant interdits depuis 2001.

"La grande surprise", écrit 60 millions de consommateurs, est la présence de Tamoxifène, une hormone de synthèse utilisée dans le traitement du cancer du sein ». L’étude montre des traces de ce médicament dans les eaux Mont Roucous, Saint-Amand (Du Clos de l’abbaye), Carrefour Discount (Céline Cristaline), et la Salvetat gazeuse, ainsi que la Vichy Saint-Yorre. Des traces de Buflomedil, un vasodilatateur, pour dilater les artères, ont aussi été retrouvées dans l’eau d’Hépar.

L’analyse de l’eau du robinet révèle que huit prélèvements sur dix contiennent une à quatre molécules sur les 85 recherchées, principalement des pesticides mais aussi des résidus de médicaments dont, à nouveau, du Tamoxifène décelé notamment en milieu urbain (Rennes et Limoges). Enfin, sur les trois bonbonnes, des traces de Diéthylphtalate ont été trouvés dans l’Obio, et de Bisphénol A, d’Atrazine et de retardateur de flamme dans la Culligan.
Interrogation sur leur potentiel effet cocktail

"A court terme, il n’y a absolument aucun problème de qualité. Ces eaux sont parfaitement buvables", insiste le rédacteur en chef de 60 millions de consommateurs, Thomas Laurenceau, interrogé par l’AFP, tout en précisant que cette teneur infime est néanmoins suffisante « pour qu’on s’interroge sur la pureté originelle imposée par la règlementation des eaux minérales".

Le magazine a d’ailleurs procédé deux fois à l’analyse des échantillons après contestation de la part des embouteilleurs des premiers résultats et de la méthodologie employée accusée de produire de "faux positifs". "La seconde analyse a confirmé cette présence, sans que nous soyons en mesure d’en expliquer l’origine", écrit 60 millions de consommateurs. "L’affaire est suffisamment sérieuse pour qu’on lance des analyses à plus grande échelle", estime Thomas Laurenceau. Car « si tous les micropolluants sont ici présents en très faibles teneurs, leur variété interroge sur les potentiels effets cocktail", souligne 60 millions de consommateurs.

Le magazine et France Libertés, qui ont lancé en 2011 l’Opération transparence sur l’eau, ont publié en mars une carte de la qualité de l’eau potable en France, montrant que les seuils limites en polluants étaient dépassés dans près de 420 communes grâce à des dérogations, sans risque sanitaire immédiat.


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