Des villes d’Australie visent l’autonomie énergétique

Durée de lecture : 3 minutes

7 janvier 2015 / Territoires Energéthiques

Cinq villes australiennes se sont lancées dans le concours Zero Net Energy Town. Objectif : devenir la première cité de l’île-continent à énergie positive, c’est-à-dire produisant elle-même tous ses besoins à partir d’énergies renouvelables. Un enjeu vital pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, alors que des incendies ravagent le sud du pays.

Voilà un concours de très bon aloi, qui mobilise fortement beaucoup de communes australiennes, jusqu’aux deux plus grandes, Sydney et Melbourne, qui ne sont pas en reste. On en rêve chez nous, quand on voit le mal que se donne le CLER (Réseau pour la transition énergétique) pour mobiliser les communes et collectivités françaises.

Walcha, Manilla, Tenterfield, Uralla et Bingara tentent de devenir une "ville à zéro énergie", Zero Net Energy Town. Honnêtement, c’est sans doute plus facile en Nouvelle-Galles du Sud que dans le nord de la France ou de l’Europe. Encore faut-il le tenter, mobiliser la population, dans un contexte de politique énergétique pas vraiment favorable.

Ce sont cinq bourgades « champignons », de quelques milliers d’habitants, situées à plusieurs centaines de kilomètres au nord de Sydney, en retrait de la côte est de l’Australie. Elles sont nées au milieu du XIXe siècle, et il y règne une atmosphère du far-west américain.

L’Etat de Nouvelle-Galles du Sud et l’Université de New England soutiennent leur démarche, avec le concours de dix-huit entreprises d’ingénierie spécialisées dans la mise en place de production d’énergies renouvelables et les économies d’énergie. Rien de très original, mais une volonté de tout faire, bien à fond.

L’adhésion des populations semble massive, et l’objectif est clairement d’établir des modèles reproductibles dans tout l’Etat et même toute l’Australie. Mais il y a une sérieuse concurrence, notamment dans les Etats d’Australie du sud et de Victoria, plus avancés.

Nouveau modèle énergétique

C’est en fait, en Australie, comme dans bien des pays, un nouveau modèle énergétique qui émerge, fondé sur une étroite symbiose entre production et consommation locales, particulièrement adapté à de grands espaces de faible densité qui nécessitent, sinon, de longs réseaux électriques coûteux à établir et à entretenir, sans parler des pertes en ligne.

Bien sûr, ceci ne fait pas l’affaire des grandes sociétés productrices et distributrices d’électricité, ni des grands producteurs de charbon, abondant en Australie, et largement utilisé pour la production centralisée d’électricité. Ces lobbies ont réussi à porter leurs hommes au gouvernement fédéral australien, à Canberra, avec un premier ministre, Tony Abbott, qui refuse l’idée de réchauffement climatique, malgré l’évidence des terribles sécheresses et canicules qui ont frappé le pays ces dernières années. En ce mois de janvier, de forts incendies ravagent le sud du pays.

Que ne ferait-on pas pour préserver les petits intérêts des copains ? Heureusement, il y a là-bas quelques contre-pouvoirs régionaux et locaux qui ne lâchent rien et parviendront certainement à tirer parti des abondantes ressources renouvelables de l’Australie.

Bonne chance au challenge ZNET : Zero Net Energy Town.


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Lire aussi : El Hierro, l’île autonome en énergie qui montre l’exemple

Source : Territoires énergéthiques

Photos :
. Panneau : Starfish Initiatives (CC)
. Chapô (Tenterfield) : Wikipedia (CC BY-SA 3.0/Cgoodwin)

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