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Pédagogie Éducation

Devenir ingénieur low-tech ? Découvrez le guide des formations

Les low-tech sont un peu plus enseignées dans les écoles d'ingénieurs.

Les formations à la low-tech émergent peu à peu dans les écoles d’ingénieurs. Objectif : enseigner des technologies sobres à l’heure de la crise climatique. Tour d’horizon des formations, souvent payantes.

Cet article est publié à l’occasion du « Week-end low-tech » que Reporterre organise avec le Musée des arts et métiers. Débats, conférence, ateliers : tout le programme est ici. Et ce soir, grand entretien en public avec Philippe Bihouix, pionnier du sujet, à 19 heures, pour réfléchir au monde d’après les technologies polluantes.



Four solaire, ombrière à partir de matériaux réutilisés, séchoir alimentaire économe... Les technologies sobres, ou low-tech, ont de plus en plus d’applications concrètes dans notre quotidien. Ces techniques utiles, à faible empreinte carbone et accessibles à un plus grand nombre, s’invitent désormais dans les universités et autres établissements de l’enseignement supérieur.

À l’heure où de nombreux étudiants ingénieurs appellent à déserter les « jobs destructeurs » auxquels leur école et le système capitaliste les destinent, et que certains sont en quête « d’autres voies », les low-tech pourraient incarner cette bifurcation plus écologique. Et elles sont enfin davantage enseignées aux futurs ingénieurs.

Le sursaut des étudiants

Depuis 2020, de plus en plus de cursus dédiés aux low-tech ouvrent dans les établissements de l’enseignement supérieur français. En opposition à la high-tech, les technologies sobres permettent de repenser nos besoins matériels. Le concept, né dans les années 1970, privilégie les innovations simples, réparables, utilisant des matériaux durables, et adaptées aux enjeux environnementaux et sociaux actuels.

Concrètement, les étudiantes et étudiants construisent des objets en intégrant les principes de la low-tech. À l’Insa Lyon, ils fabriquent des vélos-machines ou des imprimantes 3D. À Nantes, de futurs ingénieurs ont équipé un catamaran en solutions low-tech : batteries recyclées, éclairage rechargeable, séchoir alimentaire solaire... Cette année, ils ont même construit une éolienne avec des matériaux de récupération.

Le développement de ces cours doit beaucoup à la mobilisation des étudiantes et étudiants. « Le mouvement socioécologique en 2019-2020 a été porté par les étudiants », dit Stéphane Crozat, professeur à l’Université de technologie de Compiègne (UTC). Ils ont contribué à faire entrer ces enjeux dans les établissements. Ce terrain favorable a ensuite permis aux enseignants de proposer de nouveaux cours, en lien avec la crise écologique.

Ouverte en 2022, l’option « Ingénierie des low-tech » de l’École centrale de Nantes a par exemple « permis de répondre aux attentes des étudiants et de redonner du sens à leurs études », dit Jean-Marc Benguigui, enseignant ayant participé à son développement. Cette option est pionnière en France : elle fait travailler les futurs ingénieurs sur des projets au long cours, comme la rénovation d’un habitat en milieu rural.

Des ateliers gratuits, des écoles payantes

Miser sur les low-tech est un pari gagnant. Recherche, conseil, écoconception, développement territorial... « Les étudiants n’ont pas de mal à trouver un emploi », confirme Sacha Hodencq, maître de conférences à l’INP-Ense3 de Grenoble. Même si cette voie est souvent semée d’embûches.

Alors, comment se former ? Parmi les 204 écoles d’ingénieurs françaises accréditées, une dizaine propose des enseignements aux low-tech. Des écoles de design ont également intégré cette option. L’offre reste toutefois réservée à une élite : la plupart sont des grandes écoles payantes, dont certaines privées, et sur dossier.

Lire aussi : Four solaire, douche écolo... le guide pour se mettre au low-tech

Il est toutefois possible de se former au low-tech gratuitement, avec des guides en ligne et des ateliers. Le Low-tech lab — association pionnière sur le sujet — propose des tutoriels, accessibles en ligne et gratuitement, pour fabriquer des objets low-tech, cuisiner sobrement, etc. Pour celles et ceux qui voudraient toutefois une formation diplômante, Reporterre a fait un tour d’horizon non exhaustif des formations.


Centrale Nantes est un établissement public, membre du groupe des écoles Centrale. L’intégration au cycle d’ingénieur se fait sur concours, après deux années de classe préparatoire scientifique. D’autres voies d’admission spécifiques sont possibles.

Description de la formation :
Une option « Ingénierie des low-tech » permet de travailler sur un projet pour « former des ingénieurs capables de construire un monde résilient et sobre ». Cette année, et pour les deux autres à suivre, ils rénovent un habitat en milieu rural, économe en ressources et durable. Cette option se déroule pendant un semestre et demi, avec un total de 600 heures, dont 408 heures dédiées au projet.

Pour qui ?
Les étudiantes et étudiants du réseau des écoles Centrale en 2e ou 3e année du cycle d’ingénieur.

Nombre de places par promotion :
12

Depuis quand ?
2022

Frais de scolarité :
2 572 euros par an. Gratuit pour les boursiers et pupilles de la nation.

L’Institut national des sciences appliquées (Insa) de Lyon est un établissement public et membre du groupe Insa. L’admission est commune à l’ensemble des Insa et se fait via Parcoursup. La formation dure cinq ans.

Description de la formation :

Une option « Prototype et industrialisation » permet de fabriquer des objets avec des matériaux basiques (vélo tondeuse, vélo broyeur, fraiseuse, tour à métaux, etc.). Pour accompagner ce travail manuel en atelier, des enseignements en sciences humaines, mathématiques, analyse du cycle de vie du produit sont dispensés. Cette option se déroule lors de la deuxième année de formation, avec 56 heures consacrées à la réalisation d’un projet low-tech.

Pour qui ?
Tous les étudiants de l’Insa Lyon en 2e année.

Nombre de places par promotion :
Une centaine

Depuis quand ?
L’option a intégré en 2023 une orientation low-tech, avec la fabrication d’objets low-tech.

Frais de scolarité :
618 euros par an.

L’Institut national polytechnique de Grenoble (INP) regroupe huit écoles publiques d’ingénierie et de management. L’admission aux écoles de Grenoble INP se fait principalement via le concours commun des INP, après deux ans de classe préparatoire aux grandes écoles scientifiques. Elle se fait aussi après le bac, via une prépa intégrée. Des admissions sur titre, après un parcours universitaire, sont possibles.

Description de la formation :
Durant le semestre à choix ACT spécialité Piste (Pour une ingénierie sobre techno et écoresponsable), les étudiants mettent en place un projet pour repenser la conception, les usages d’un produit, d’un composant, d’un système ou d’une organisation. La solution proposée doit être sobre, accessible et documentée. Ce travail est accompagné de cours théoriques et méthodologiques, et 20 heures sont consacrées spécifiquement aux technologies sobres.

Pour qui ?
Tous les étudiants de Grenoble INP (venant des écoles d’ingénieurs) en 3e année.

Nombre de places par promotion :
Une trentaine

Depuis quand ?
2021

Frais de scolarité :
618 euros par an. Gratuit pour les boursiers.

Cet établissement public est membre de l’Institut Mines-Télécom, formant des ingénieurs. L’intégration se fait via le concours commun Mines-Ponts, à l’issue de deux ans de classe préparatoire scientifique. Une admission sur titre, après un parcours universitaire, est également possible.

Description de la formation :
Le cursus « Environnement industriel et territorial » propose des cours sur les low-tech (un semestre, soit 180 heures, dont 9 dédiées à l’application des principes low-tech au travers d’études de cas). En 2024, les étudiants ont travaillé sur la gestion des déchets de la métropole de Saint-Étienne. Ils ont dû faire un plan d’action pour améliorer la filière avec des techniques sobres.

Pour qui ?
Les étudiants de l’École des mines de Saint-Étienne en 2e ou 3e année.

Nombre de places par promotion :
20

Depuis quand ?
2022

Frais de scolarité :
2 650 euros par an.

L’Université de technologie de Compiègne (UTC) est un établissement public. L’intégration se fait sur la plateforme Parcoursup ou sur le site du groupe des universités de technologie. Les bacheliers ou étudiants titulaires d’un bac+2 ou 3 peuvent y postuler.

Description de la formation :
Un cours optionnel « Low technicisation et numérique » de 150 heures, réparties sur un semestre, est proposé aux étudiants. Le cours s’articule autour d’un projet de groupe. En 2024, l’un d’eux a par exemple réfléchi à une application web, Lowcyclopédia, ouverte à tous et ayant pour but de documenter des projets sobres.

Pour qui ?
Tous les étudiants en 2e année du tronc commun du diplôme d’ingénieur de l’UTC.

Nombre de places par promotion :
40

Depuis quand ?
2022

Frais de scolarité :
618 euros par an. Gratuit pour les étudiants boursiers.

Cette école publique d’ingénieurs dispose de huit campus sur le territoire, dont celui de Châlons-en-Champagne, le plus ancien. L’intégration se fait sur concours, après deux ans de classe préparatoire scientifique.

Description de la formation :
L’expertise au choix « Low technologies et développement durable » se déroule sur 150 heures. Des cours en sciences humaines et sociales sur les low-tech sont dispensés. Il y a également des modules d’écoconception, de choix des matériaux, d’énergie low-tech. Ces cours sont suivis d’un projet. La première promotion a imaginé des structures d’ombrage fabriquées à partir de matériaux issus du réemploi et destinées à l’agglomération de Châlons-en-Champagne.

Pour qui ?
Tous les étudiants des Arts et métiers en 3e année. Il est possible de l’effectuer en alternance.

Nombre de places par promotion :
24

Depuis quand ?
2024

Frais de scolarité :
618 euros par an.

L’École supérieure d’informatique électronique automatique (ESIEA) est un établissement privé formant des ingénieurs. L’admission se fait sur concours pour le cycle d’ingénieur, de la 1re année du cycle préparatoire à la 2e année du cycle d’ingénieur.

Description de la formation :
Le cursus « Low-tech et innovation frugale » propose trois semaines dédiées aux low-tech (entre 75 et 90 heures de cours). Elle est composée de trois modules : visiter des tiers-lieux, mener des interviews pour comprendre les défis contemporains ; manipuler des machines dans des fablabs et favoriser le partage des connaissances ; imaginer un futur désirable et monter un projet permettant d’aller vers ce futur.

Pour qui ?
Les étudiants de 5e année de l’ESIEA, du campus de Paris et de Laval.

Nombre de places par promotion :
25

Depuis quand ?
2021

Frais de scolarité :
10 000 euros pour les deux premières années, 11 500 euros à partir de la troisième année (possibilité de faire la formation en alternance dès la troisième année).

L’établissement public est membre du groupe des écoles Centrale. L’intégration se fait sur concours, après deux années de classe préparatoire scientifique. D’autres voies d’admission sur titre universitaire sont possibles.

Description de la formation :
« Conception et productions durables » est un parcours d’écoconception, basé sur la mécanique. Un module consacré aux low-tech (entre 40 et 50 heures) permet aux étudiants de concevoir un produit respectant la démarche sobre. Objectif : les faire réfléchir sur le besoin et l’impact des choix dans la conception.

Pour qui ?
Tous les étudiants du réseau Centrale en 3e année.

Nombre de places par promotion :
16

Depuis quand ?
2019

Frais de scolarité :
2 572 euros par an.

L’école d’ingénieurs est interne à l’université Claude Bernard Lyon I. L’accès se fait sur concours, ouvert aux étudiants de bac+2 ou +3 pour intégrer la première année du cycle d’ingénieur. Elle propose également un cycle préparatoire, accessible dès l’obtention du baccalauréat.

Description de la formation :
L’unité d’enseignement « Transition industrielle — Low-tech » fait partie du programme de génie industriel et robotique de Polytech Lyon. 16 heures sont consacrées aux low-tech, réparties sur un semestre (cours magistraux, ateliers pratiques et études de cas). Elles consistent à la compréhension des enjeux des techniques sobres, des applications pratiques dans divers secteurs industriels ainsi qu’à l’étude de prototypes à faible coût.

Pour qui ?
Les étudiants de 5e année du programme de génie industriel et robotique de Polytech Lyon.

Nombre de places par promotion :
25

Depuis quand ?
2023

Frais de scolarité :
618 euros. Gratuit pour les étudiants boursiers.

L’inscription à cette école coopérative d’intérêt collectif se fait hors Parcoursup, et l’admission se fait sur dossier et entretien. Il est possible d’intégrer l’école dès la première année après le bac.

Description de la formation :
Le master « Design et mondes vivants » forme des directeurs de création en design graphique. Trois jours (21 heures) sont consacrés en deuxième année aux technologies sobres (introduction du sujet, méthodologie, projet de fin d’études). Objectif : intégrer l’approche low-tech dans des projets réels.

Pour qui ?
Toute personne ayant un niveau bac+3. Une attention particulière est faite sur les compétences et/ou la culture graphique. Le master peut se faire en alternance.

Nombre de places par promotion :
15

Depuis quand ?
2022

Frais de scolarité :
8 000 euros par an. Le coût de la formation est pris en charge par l’entreprise si l’étudiant est en alternance.

Elle regroupe 23 établissements d’enseignement supérieur, 1 centre hospitalier universitaire et 7 organismes de recherche.

Description de la formation :
Le certificat « Low-tech et redirection industrielle » (LTRI) est un module optionnel, en supplément des unités d’enseignement dans le cursus initial. La formation propose des cours théoriques et des cours pratiques avec des illustrations concrètes d’innovations low-tech. Au total, 64 heures sur un semestre sont consacrées aux nouvelles méthodes d’ingénierie qui permettent une redirection de l’industrie vers des voies écologiquement soutenables.

Pour qui ?
Tous les étudiants de l’université de Toulouse, en formation de niveau master (M1 ou M2), qu’ils soient en école d’ingénieurs ou dans tout autre cursus (en sciences humaines et sociales par exemple).

Nombre de places par promotion :
12

Depuis quand ?
2024

Frais de scolarité :
Frais de scolarité de l’établissement d’origine.

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