Dix millions de Népalais peinent à retrouver une vie normale

5 mai 2015 / Lok P. Silawal



Les conséquences du séisme se font durement sentir pour des millions de Népalais dont beaucoup ont tout perdu. Entre campements de fortune et pannes d’électricité, chômage et lenteur de l’aide, on essaye de reprendre une vie normale. Témoignage d’un habitant de Katmandou.


- Katmandou, témoignage

Chère Marie-Florence,

Merci pour votre message attentionné. Nous avons survécu à ce terrible séisme, à ses répliques lors de cette longue semaine désastreuse. Mentalement, nous ne nous en remettons toujours pas.

Notre maison, notre famille et nos parents à Katmandou sont tous sains et saufs.
Nos frères et leurs familles, qui vivent dans notre village natal à 80 km à l’ouest de Katmandou, sont aussi sains et saufs, mais leur maison est sérieusement endommagée. Maintenant, ils vivent sous un campement provisoire…

Il y a eu tellement de pertes. 90 % des maisons des districts voisins de Katmandou ont été gravement touchées, y compris la nôtre.

Ce sont plus de 10 millions de personnes affectées par cette tragique catastrophe. Beaucoup se retrouvent sans domicile, beaucoup ont perdu leurs familles.

Aujourd’hui nous devons faire face à différents problèmes. Le premier est d’essayer d’aider les gens qui souffrent, le second est de trouver de la nourriture, le troisième est le fait que nous n’aurons plus de travail pendant au moins quatre mois à partir de maintenant et que nous devons penser à comment vivre, manger, avoir de l’eau. C’est le même problème pour les familles de nos équipes qui doivent s’occuper de leurs proches.

Notre gouvernement est très lent dans sa gestion des secours. Même à Katmandou, il reste beaucoup de personnes sous les décombres de leur maison. Les corps des défunts ne sont pas encore tous évacués. Nous pensons que les personnes qui vivent hors de notre capitale, dans les districts proches de l’épicentre du séisme, ne recevront pas de secours. Oh mon Dieu ! (Oh God !)

Voici les dernières nouvelles. Depuis hier, nous avons de l’électricité. La vie semble reprendre normalement, mais… avec tellement de problèmes.

Alors, je vous demande juste de prier pour nous tous et d’avoir des sentiments de compassion, comme en temps ordinaire.




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Lire aussi : Pensées désolées pour le Népal, pays de la paix

Source : Courriel à Marie-Florence Bennes, qui l’a traduit.

Lok P. Silawal est Népalais et organise des treks à Katmandou.

Photos : Ngima Dendi Sherpa (qui est responsable de l’agence Anapurna).

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