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En bref — Pollutions

Du plastique mesuré dans le sang humain pour la première fois

Pour la première fois, une équipe scientifique a détecté et quantifié des microplastiques dans le sang humain. L’article scientifique présentant les résultats a été publié le jeudi 24 mars dans le journal Environment International. Elle a été menée par une équipe de chercheurs de l’université libre d’Amsterdam et du Centre médical universitaire d’Amsterdam, et notamment financée par des fonds de l’ONG britannique de défense de l’environnement Common Seas.

Le sang de vingt-deux volontaires sains et en pleine santé a été analysé. Cela a permis de quantifier pour la première fois dans le sang les polymères (grosses molécules) de plusieurs plastiques courants. Trois étaient particulièrement présentes :

  • Le polyéthylène téréphtalate, plus connu sous l’abréviation de PET : c’est le plastique des bouteilles, des emballages jetables, mais on le retrouve aussi dans les textiles (polaires, tissus microfibres, etc.)
  • Le polyéthylène, différent du premier malgré les noms proches et abrégé en PE. Une très grande partie des emballages plastiques en sont constitués : sacs, emballages de cosmétiques ou de détergents, boîtes type tupperware, bouteilles, etc.
  • Les polymères du styrène, parmi lesquelles le polystyrène ou l’acétonitrile butadiène styrène (écourté en ABS), plastique servant à fabriquer les pièces d’appareils électroménagers, ou... les briques Lego

Le poly(méthylacrylate), qui correspond au plexiglas, a également pu être mesuré en moindre quantité.

Enfin, du « polypropylène a été analysé, mais les valeurs étaient inférieures aux limites de quantification », signalent les chercheurs.

Ces résultats n’ont été obtenus que sur un « petit groupe de donneurs », reconnaissent les auteurs. Mais ils ont permis de valider une méthode pour mesurer « les concentrations massiques de polymères dans le sang humain », se félicitent-ils.

« Cette étude pionnière [...] a démontré que les particules de plastique sont biodisponibles pour être absorbées dans la circulation sanguine humaine. Une compréhension de l’exposition à ces substances chez l’homme et du danger associé à cette exposition est nécessaire pour déterminer si [elle] constitue ou non un risque pour la santé publique », signalent-ils.

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