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Notre-Dame-des-Landes

EN VIDÉO — « Bachar à la Zad ». Quand deux jeunes des quartiers découvrent la Zad

« Bachar à la Zad » est un docu-fiction de 21 minutes, qui met en scène un rapprochement inédit entre deux mondes, celui de la jeunesse des « quartiers » et celui de l’utopie vécue de Notre-Dame-des-Landes. Pour « transformer le regard, ouvrir des espaces, faire du bien », précise son réalisateur, Pierre Boulanger. Le film est en accès libre sur Reporterre pendant cinq jours.

  • Présentation du film par Catherine Marin (Reporterre)

Ils s’appellent Adil et Bilel, sont ados et amis. Le 10 février 2018, sur la proposition du réalisateur Pierre Boulanger, ils ont quitté Grigny, au sud de Paris, pour aller découvrir la Zad de Notre-Dame-des-Landes. L’État venait d’annoncer l’abandon du projet d’aéroport, une fête était prévue.

Dans la voiture qui les emmène, ils bavardent, cherchent un titre pour le documentaire. « Les Arabes à la Zad ? » Non, « parce que les Arabes à la Zad, ça nous sépare des gens qui sont à la Zad. Il faudrait un titre fédérateur… » « Bachar à la Zad ! » lance Bilel en rigolant.

Ainsi commence cette balade poétique de trois jours sur la Zad. Avec Adil et Bilel, « leur manière de réinventer le monde avec leurs mots » (de « Bachar à la Zad » aux « Zaldives »), leur candeur, leurs enthousiasmes, leurs questions aussi, qui éclairent à la fois leur monde et celui de la Zad.

« Le mec, il est en galère de ouf, mais il partage ! Ça, c’est un vrai esprit ! »

Que perçoivent exactement Adil et Bilel de cet autre rapport au vivant qui s’invente sur la Zad, et s’exprime, carnavalesque, en ce jour de fête : cerf-volant en forme de vache, énorme poisson sur roulettes… ? Qu’en saisiraient d’ailleurs tous ceux pour qui la Zad n’est encore qu’un mot ?

Pierre Boulanger en est convaincu, « la société française reste très fracturée. À part le comité Adama Traoré, qui est venu sur la Zad, en banlieue, il n’y a pas eu de “convergence des luttes”. Le film montre que ces jeunes, politiquement, sont dans un balbutiement. On n’est plus dans les années 1980, avec la présence encore très forte du communisme dans les quartiers ».

C’est toute la profondeur du film : révéler en douceur les écarts, l’absence de socle politique commun, mais aussi les ponts possibles : la culture sociale de la Zad, par exemple. « Un vrai esprit ! Le mec, il est en galère de ouf, et quand tu vas aller le voir, il va te dire : “Viens, on partage !” » Ou la violence d’État : « La même à la Zad et dans les quartiers. »

Mais encore faut-il, pour saisir ces « ponts », pouvoir écouter, entendre d’où parle l’autre. « Je tenais à finir sur leurs mots à eux, avec un rap politique d’un de leurs potes… Une manière de montrer que le politique ne s’exprime pas de la même manière chez tout un chacun, d’autant plus chez les jeunes et dans les cultures populaires. »


  • Le film restera visible ensuite sur la plate-forme documentaire Tenk. Vous pourrez bénéficier d’une offre d’essai gratuite sur Tenk pour louer le film (seuls les abonnés peuvent normalement louer des films sur Tenk).

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