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En brefNucléaire

Électricité : davantage de nucléaire, au détriment des renouvelables

La centrale nucléaire du Bugey à Saint-Vulbas, dans l'Ain.

Pour faire face à la hausse prévue de la consommation électrique, la commission d’enquête du Sénat sur l’électricité préfère mettre l’accélérateur sur le nucléaire plutôt que sur les énergies renouvelables.

La commission a présenté le rapport issu de ses travaux le 4 juillet. Elle table sur une augmentation de la consommation électrique de 38 % (à 615 térawattheures, TWh) en 2035 par rapport à aujourd’hui, et de 57 % (à 700 TWh) en 2050.

Las, les quatorze EPR2 annoncés par Emmanuel Macron ne devraient pas être mis en service à temps pour faire face à cette hausse. « Le premier EPR2 devrait être mis en service en 2037-2038, au lieu de 2035 », a indiqué le sénateur (Union centriste) de l’Essonne Vincent Delahaye, rapporteur de la commission d’enquête. Qui a exprimé sa prudence sur l’objectif affiché par le président de la République : « Flamanville vient d’être terminé. Ce n’est pas une expérience forcément ultra-brillante. […] Pour avoir quatorze EPR d’ici 2050, il faudrait en sortir un par an voire un peu plus. Ce serait formidable qu’on y arrive. »

La commission d’enquête préconise donc une prolongation « optimisée » du parc nucléaire existant jusqu’à 60 ans, voire 80 ans — comme l’évoquait déjà EDF en janvier 2023. Une option conditionnée à la validation de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). M. Delahaye a également recommandé un « renforcement de la puissance des réacteurs de 900 mégawatts [MW] ». Cette opération a déjà été menée sur certains réacteurs belges et étasuniens et le gouvernement français a déjà demandé à EDF d’examiner cette option, indiquait au Monde l’ex-ministre de la transition énergétique Agnès Pannier-Runacher en avril 2023. « EDF n’a pas transmis de dossier à l’ASN à ce sujet », a toutefois écrit le gendarme du nucléaire à Reporterre.

L’autre incertitude sur le nucléaire porte sur la disponibilité de l’uranium dans les années à venir. Si, conformément à l’objectif annoncé par Emmanuel Macron à la COP28, la production nucléaire mondiale venait à tripler d’ici 2050 par rapport à 2020, ce minerai pourrait venir à manquer dès 2070. « Il faut donc relancer la recherche pour des réacteurs de quatrième génération, à neutrons rapides, qui permettent d’utiliser de l’uranium appauvri dont on dispose en quantité », a plaidé M. Delahaye. Pour rappel, le dernier projet de réacteurs à neutrons rapides Astrid a été arrêté en 2019.

Et les énergies renouvelables dans tout ça ? « Il nous semble indispensable de poursuivre », a jugé M. Delahaye. La commission d’enquête a toutefois plaidé pour que les objectifs de déploiement des énergies renouvelables soient étalés dans le temps et qu’un plan national d’implantation soit défini, pour éviter les surcoûts liés au raccordement au réseau électrique. Elle a également pointé des problèmes d’acceptabilité sociale.

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