Éloge du roncier

30 septembre 2017 / Christine Laurent (Reporterre)



Si les ronces recouvraient le Jardin sans pétrole à ses débuts, elles s’épanouissent dorénavant en bordure, rendant maints services utiles.

Une heure et dix minutes, c’est le temps que nous mettons entre la maison et le jardin quand le RER est à l’heure. Cela peut paraître long, mais le trajet est direct. C’est un moment privilégié pour lire.

La journée est douce, presque chaude. Au jardin, les ronces lancent leurs tiges à la conquête de nouvelles terres. Inutile de les raccourcir sous peine de leur donner une nouvelle vigueur qui se traduit rapidement par de nouvelles tiges partant du point sectionné par la serpe ou le sécateur. J’ai commencé à les discipliner le long de la clôture en les coinçant dans le grillage ou en les laissant s’accrocher avec leurs piquants les unes aux autres, formant des vagues sur lesquelles des mûres pousseront l’année prochaine. Puis, avec le sécateur, j’ai taillé toutes les branches qui ont fructifié cette année.

Les ronces, dont nous avons tant déploré la présence, peuvent jouer un rôle très positif en protégeant le jardin des vents d’est et en gardant la fraicheur à leur pied l’été, ce qui sera bien utile au pêcher et aux rhubarbes plantés juste de l’autre côté de la clôture. Quand elles fleurissent, les ronces attirent aussi les insectes pollinisateurs, parmi lesquelles l’abeille des ronciers, qui viendra peut-être nous rendre visite. Les araignées s’y cachent aussi, trouvant dans ces entrelacs ligneux des structures bien pratiques pour tisser leurs toiles, pièges à insectes volants dont la présence dans le jardin n’est pas très désirée. Je pense aux altises, aux aleurodes et autres carpocapses.

Les ronces le long de la clôture.

Ainsi s’installe petit à petit une productrice de fruits, une haie brise-vent, une fabrique de pièges à insectes volants et un îlot de fraicheur estival. Les ronces qui recouvraient le terrain quand nous y sommes arrivés au printemps 2013 peuvent s’épanouir sans stress. Là où se trouve le potager, elles ne poussent plus, car la terre a tellement gagné en humus qu’elles ne s’y trouvent plus bien.

Mes travaux de taille ne sont pas tout à fait terminés, mais il est temps de ranger les outils. Et de repartir avec ma récolte du jour : quelques belles courgettes, une poignée de haricots verts, une belle brassée d’oseille, un peu de salade, de ciboulette et de thym citron et, parce que ses feuilles sont maintenant toutes jaunes, le seul potimarron du jardin.




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Lire aussi : Feu de bois, perce-neige et retour des ronces au Jardin sans pétrole

Source : Christine Laurent pour Reporterre

Photos : © Christine Laurent/Reporterre sauf :
. chapô : Des mûres. Pixabay (CC0)

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