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Pollutions

En Equateur, marée noire sur une rivière amazonienne

Environ 100.000 personnes en Amazonie équatorienne ont été affectées par les déversements de pétrole dans deux rivières, causés par la rupture de trois oléoducs.

L’accident s’est produit le 7 avril, à la frontière entre les provinces de Napo et de Sucumbios. La rupture des oléoducs a provoqué un déversement de pétrole dans le fleuve Coca, qui se jette dans le Napo, un affluent de l’Amazone. C’est un glissement de terrain qui a endommagé ces tubes transportant du brut et des carburants, a déclaré la compagnie pétrolière publique Petroecuador dans un communiqué.

La crise sanitaire Covid-19 que traverse le pays a occulté cette catastrophe environnementale et humaine, qui prive les communautés riveraines d’un accès à l’eau, à la pêche ou aux cultures. « Il y a 150 communautés indigènes, 24 paroisses touchées et une projection de population estimée à 113.000 personnes », a déclaré Efe Carlos Mazabanda, coordinateur en Equateur d’Amazon Watch.

Une coalition d’ONG locales a demandé que le gouvernement et les compagnies pétrolières impliquées (dont l’une appartient à l’État) soient tenus responsables de ce qui s’est passé. Les ONG estiment que les actions visant à empêcher le déversement ont tardé à venir et que les travaux de réparation sont incertains.

Les compagnies pétrolières ont affirmé avoir fait le nécessaire, dès le 7 avril, pour limiter le déversement. Pour Efe Carlos Mazabanda, porte-parole d’une ONG, « Nous n’avons pas de chiffres convaincants. Au début, ils parlaient de 4.000 barils déversés. Ensuite, l’OCP [L’entreprise qui gère le système d’oléoducs] a révélé au Parlement qu’il s’agissait de 8.900 barils ».

« Nous avons déjà eu des déversements, mais l’ampleur de la contamination actuelle est inquiétante », a déclaré Olger Gallo, chef de la communauté de Panduyaku, dans la province de Sucumbíos. Composée d’environ 800 habitants, sa communauté est confrontée à l’isolement géographique et au coronavirus, en plus de voir son économie s’effondrer. « Notre mode de vie aujourd’hui est très altéré, nos moyens de subsistance sont décimés et la faim plane », a-t-il indiqué.

Aujourd’hui, le pétrole ne coule plus, mais selon lui, le fleuve « est dévasté » et les points noirs sont présents sur toute la rive, sur les plantes, les animaux, les roches et les sédiments, malgré les inondations et les pluies constantes.

La contamination sur des centaines de kilomètres de la rivière Coca pourrait avoir des conséquences environnementales incalculables sur « des plages et des forêts de terre ferme et inondable, des lieux importants pour la nidification et la reproduction d’animaux tels que les tortues de rivière, les caïmans, les loutres géantes ou les oiseaux », a noté Belén Paez, directrice de la Fondation environnementale Pachamama.

-  Source et photo : El Mercurio.

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