Méthane : des fuites détectées sur 2 sites gaziers sur 3 en France
Centre de stockage de gaz à de Terega à Lussagnet, dans le sud-ouest de la France. - © Gaizka Iroz / AFP
Centre de stockage de gaz à de Terega à Lussagnet, dans le sud-ouest de la France. - © Gaizka Iroz / AFP
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Le méthane est un gaz plus de 80 fois plus réchauffant pour le climat que le CO2 [1]. Or il fuit, massivement, de la plupart des installations gazières dans le monde. Et dans des proportions colossales.
Les Amis de la Terre et la Clean Air Task Force (CATF) ont conduit en avril une visite sur le réseau gazier dans le sud de la France, pour dresser un état des lieux de cette pollution invisible de mieux en mieux prise en compte. Et leur bilan, publié mercredi 27 mai, montre que le problème reste massif.
65 % des 57 sites inspectés présentaient des émissions de méthane, d’après la constatation qu’on pu faire sur place les deux associations, grâce à une caméra infrarouge spécialisée de détection du gaz.
Au total, les deux associations ont détecté 74 fuites. Les trois-quarts étaient involontaires et « liées à des défauts d’étanchéité ou à des équipements défaillants » et seulement un tiers avait déjà été détecté par les exploitants du réseau.
« Un scandale climatique, sanitaire et économique »
Elles dénoncent « un scandale climatique, sanitaire et économique », jugeant que « réduire ces émissions de méthane est impératif pour réduire à très court-terme l’impact climatique du gaz ».
Ces fuites représentent aussi un immense gaspillage énergétique, insistent également les associations. Chaque année en France, selon leur calcul, ce sont 4 térawattheures de gaz qui sont perdus à cause de ces fuites sur le réseau gazier, « soit l’équivalent de la consommation de gaz de Marseille et Amiens combinées, pour une valeur estimée à 225 millions d’euros ».