Engrais chimiques : les émissions de protoxyde d’azote ont bondi de 40 % en 40 ans
Le protoxyde d'azote provient à 74 % du secteur agricole. - Pxhere
Le protoxyde d'azote provient à 74 % du secteur agricole. - Pxhere
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Les émissions de protoxyde d’azote ont bondi de 40 % entre 1980 et 2020. Parue le 12 juin, une étude du Global Carbon Project alerte sur l’accroissement colossal de ce gaz à effet de serre. Bien moins connu que le dioxyde de carbone, le N2O a pourtant un potentiel de réchauffement de la planète près de 300 fois supérieur. Il contribue non seulement à exacerber le changement climatique, en appauvrissant la couche d’ozone, mais pollue aussi les sols et l’eau.
En 2020, plus de 10 millions de tonnes ont ainsi été libérées dans l’atmosphère. Plus inquiétant encore, cette année-là et la suivante, le protoxyde d’azote s’est répandu « à un rythme plus rapide qu’à n’importe quelle autre période de l’histoire », assurent les chercheurs du Boston College.
En cause : les engrais et le fumier
Alors d’où provient-il ? À 74 % du secteur agricole, via l’utilisation d’engrais chimiques et de fumier d’origine animale. « Les dix principaux pays producteurs sont la Chine, l’Inde, les États-Unis, le Brésil, la Russie, le Pakistan, l’Australie, l’Indonésie, la Turquie et le Canada », détaillent les scientifiques.
À ce jour, aucune technologie n’est par ailleurs capable d’éliminer le N2O : « La réduction est la seule solution », déclare l’auteur principal du rapport, Hanqin Tian, professeur de l’Institut Schiller. La Chine et l’Europe sont d’ailleurs en bonne voie puisque leurs émissions sont déjà en train de diminuer.