Face à la sécheresse, l’État accusé de tergiverser
L’alimentation en eau potable est en tension dans 47 départements et 30 000 personnes n’ont plus d’eau au robinet. - Pexels / CC / Chiến Bá
L’alimentation en eau potable est en tension dans 47 départements et 30 000 personnes n’ont plus d’eau au robinet. - Pexels / CC / Chiến Bá
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Alors qu’une sécheresse exceptionnelle sévit partout en France, l’État n’est pas à la hauteur : telle est l’alerte lancée par France nature environnement (FNE).
62 départements sont placés en niveau de crise, l’alimentation en eau potable est en tension dans 47 départements et 30 000 personnes n’ont plus d’eau au robinet, d’après les chiffres diffusés lors d’une réunion du comité d’anticipation et de suivi hydrologique, le 27 juillet.
Une situation très préoccupante qui devrait déclencher une réaction appropriée des autorités. En effet, les préfets doivent prendre des arrêtés restreignant les prélèvements et la consommation d’eau « dans un délai maximum de trois jours ouvrés, à partir du franchissement des seuils de gravité », selon l’instruction ministérielle du 3 juillet. Las, FNE a constaté dans plusieurs territoires des « délais inexplicables ».
Ainsi, dans la région Hauts-de-France, « les trois départements de la Somme, de l’Aisne et de l’Oise sont seulement en vigilance à l’heure actuelle, sans aucune restriction », a observé la fédération écologiste. Et ce alors que les débits des cours d’eau sont passés sous les seuils d’alerte.
Comme nous le racontions, la Coordination rurale a appelé ses membres à ne pas respecter les arrêtés de restriction de l’usage de l’eau à destination de l’irrigation. Dans le Lot-et-Garonne, le syndicat a également menacé de représailles en cas de contrôles de la part de l’État.
Le 27 juillet, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a rappelé que « respecter les mesures de restriction n’est pas un choix, c’est un devoir ». Une réponse insuffisante, selon FNE.
« La lenteur des préfets à appliquer la réglementation prévue et l’absence de réactions formelles aux provocations de la Coordination rurale sont la conséquence manifeste de plusieurs mois d’acceptation sans nuance d’un discours sur la primauté d’accès à l’eau qu’il faudrait donner aux irrigants », a indiqué Nicolas Richard, président de FNE, dans un communiqué.