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Arbres replantés : on est très loin du milliard promis par Emmanuel Macron

Avec un total de 115 000 hectares détruits par les flammes en 2026, il faudrait plus d’un milliard d’euros pour tout replanter de manière durable. (Photo d'illustration)

Emmanuel Macron avait promis de planter un milliard d’arbres d’ici 2032. Cette politique est le reflet d’une vision productiviste de la forêt, dénoncée sans relâche par les défenseurs d’une sylviculture raisonnée et de la biodiversité forestière. Les chiffres relayés par le gouvernement sont également trompeurs.

Alors que le gouvernement a communiqué sur un bilan provisoire de « près de 300 millions d’arbres […] plantés depuis 2021 », le tableau de suivi du Secrétariat général à la planification écologique (SGPE), repéré par Contexte et disponible sur son site, comptabilise seulement 90,3 millions d’arbres plantés, en cumul depuis 2021.

Lire aussi : Fontainebleau, symbole de la remontée des incendies vers le nord

« Replanter ? C’est exactement ce qu’il ne faut pas faire immédiatement après un incendie, c’est la doctrine de l’ONF », dénonçait Sylvain Angerand, directeur de l’association Canopée, interrogé par Reporterre le 22 juillet suite à l’incendie de Fontainebleau. Il préconise plutôt la régénération spontanée, avec le maintien du bois mort sur place, pour nourrir le sol.

Là aussi, les chiffres traduisent un retard à l’allumage. Ce sont 75 millions d’hectares qui ont bénéficié d’aides au renouvellement depuis 2021, pour une cible de 300 millions d’hectares d’ici à 2030.

Quitte à replanter, il faut, selon Sylvain Angerand, « au moins 8 à 10 000 euros par hectare pour replanter du chêne et autres feuillus ». Avec un total de 115 000 hectares détruits par les flammes en 2026, il faudrait plus d’un milliard d’euros pour tout replanter de manière durable. C’est trois fois plus que la somme évoquée le 24 juillet par la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, pour reconstruire les massifs.

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