Fusion nucléaire : 8 ans de retard et 5 milliards d’euros de surcoût pour le projet Iter
Le tokamak en construction en 2018. - Iter organization / CC BY 2.0 / Flickr via Wikimedia Commons
Le tokamak en construction en 2018. - Iter organization / CC BY 2.0 / Flickr via Wikimedia Commons
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Pour l’heure, Iter tient plus du trou noir que du soleil. Le réacteur expérimental international [1] de fusion nucléaire aura un retard d’au moins huit ans et coûtera environ 5 milliards d’euros de plus que prévu, a annoncé son directeur général Pietro Barabaschi mercredi 3 juillet.
Plus précisément, le retard concernera le lancement de la première étape scientifique cruciale, la production du premier plasma de matière, indispensable à la fusion. Initialement prévue pour 2025, cette étape est reportée à au moins 2033. Ce dérapage de calendrier est lié à la découverte, en 2022, de défauts de fabrication sur des composants essentiels du réacteur. L’étape suivante, le stade « d’énergie magnétique complète », c’est-à-dire le maintien stable à pleine puissance, devrait être atteinte en 2036 au lieu de 2033.
Des dizaines de milliards d’euros engagés
Pour faire face au surcoût, M. Barabaschi a demandé une rallonge de cinq milliards d’euros au conseil d’administration, qui devrait rendre sa décision d’ici la fin de l’année. Entre 20 et 40 milliards d’euros ont déjà été engagés dans ce projet.
La fusion nucléaire, différente de la fission à l’œuvre dans les réacteurs nucléaires existants, vise à reproduire la réaction physique à l’œuvre dans le soleil. Réputée sûre et sans déchets, elle est en réalité énergivore, nécessite quantité de matériaux polluants et cancérigènes et produira de nombreux déchets radioactifs, comme l’a montré Reporterre dans son enquête.