Greenwashing : la Commission européenne épingle 20 compagnies aériennes, dont Air France
Des "allégations écologiques trompeuses" ont été relevées dans la communication des compagnies aériennes. - Flickr / PDM 1.0 Deed / U.S. Department of Agriculture
Des "allégations écologiques trompeuses" ont été relevées dans la communication des compagnies aériennes. - Flickr / PDM 1.0 Deed / U.S. Department of Agriculture
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Air France, Lufthansa et KLM ont été « invitées » avec dix-sept autres compagnies aériennes à cesser leur greenwashing. La Commission européenne a annoncé le 30 avril avoir adressé une lettre à ces vingt entreprises dans laquelle elle recense plusieurs types « d’allégations écologiques potentiellement trompeuses ». Cette enquête a été déclenchée à la suite d’une alerte du Bureau européen des unions de consommateurs.
La Commission reproche notamment aux compagnies de créer « l’impression erronée » auprès des consommateurs que certains gestes pourraient réduire ou compenser les émissions de CO2 du vol qu’ils s’apprêtent à réserver : par exemple, payer une redevance supplémentaire pour financer des projets de lutte contre le changement climatique ou pour soutenir l’utilisation de carburants alternatifs.
Trente jours pour se mettre en règle
Elle pointe aussi l’usage de plusieurs termes problématiques comme « carburants d’aviation durables », « vert », ou « responsable ». Certaines compagnies proposent une calculatrice qui permet de chiffrer les émissions de CO2 d’un vol ou encore un comparateur du bilan carbone des vols. Or, la Commission s’interroge sur la fiabilité de ces outils. Ces pratiques pourraient être considérées « comme des actions ou omissions trompeuses, interdites » par la directive relative aux pratiques commerciales déloyales, rappelle la Commission européenne.
Les compagnies épinglées ont trente jours pour apporter une réponse avec les mesures qu’elles comptent prendre pour mettre fin à ces non-conformités. Ou bien apporter des preuves scientifiques solides afin d’étayer leurs allégations. À défaut, la Commission envisage de prendre des mesures, y compris d’appliquer des sanctions.
Airlines for Europe, qui représente le secteur, indique dans un communiqué reconnaître « l’importance d’une information claire et transparente ». Mais elle se dit préoccupée par les remarques de l’instance européenne sur le carburant d’aviation durable (SAF, selon l’acronyme anglais) et par l’exigence d’une justification claire de leur impact sur l’environnement. Elle rappelle que l’Union européenne a mis en œuvre « un ambitieux mandat sur le SAF, soutenu et approuvé par la Commission européenne ».