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Eau, rivières, océans

L’eau du robinet est de plus en plus polluée

Mardi 17 octobre, l’association de consommateurs UFC Que Choisir a tiré la sonnette d’alarme : son « S Eau S » provient d’un bilan préoccupant de la qualité et de la quantité de la ressource en eau potable.

« Si l’eau du robinet est de très bonne qualité dans 96% des cas, ce chiffre rassurant masque en fait une situation catastrophique, a expliqué le président Alain Bazot lors d’une conférence de presse. Les ressources en eau sont de plus en plus polluées, le coût des traitements pour maintenir une eau potable ne cesse de s’envoler ». L’association évalue ce surcoût dû aux pratiques agricoles en France entre 640 et 1.140 millions d’euros par an. « La prévention coûte trois fois moins chère que la dépollution, a-t-il ajouté. Mais dans les instances locales de gestion de l’eau, les intérêts agricoles priment, ce qui fait que dans 60 % à 80 % des cas, les actions décidées privilégient des mesures palliatives telles que la dépollution des eaux contaminées, sans oser s’attaquer à l’origine de ces pollutions. »

Concrètement, la moitié des eaux de surfaces n’est plus potable, à cause des pesticides. Et les trois-quarts des nappes phréatiques contiennent des nitrates. « Malgré la multiplication des plans et initiatives volontaires nous promettant une agriculture à la fois intensive et respectueuse de l’environnement, les données fournies par les professionnels eux-mêmes montrent que les quantités d’engrais à l’origine des nitrates n’ont pas baissé en vingt ans et que l’utilisation des pesticides a même augmenté de 18 % en 5 ans », s’est insurgée l’association dans son communiqué.

Carte des pesticides dans les eaux de surface et les nappes.

« Nous ne voulons pas accuser les agriculteurs, a tempéré Alain Bazot. Notre combat, c’est la préservation de la ressource en eau potable. » L’association réclame ainsi des aides pour la transition agricole, ainsi qu’une réforme en profondeur de la politique de l’eau. « Le projet de loi de finances 2018 prévoit un prélèvement de 300 millions d’euros par an sur le budget des agences de l’eau pour des utilisations sans lien direct avec la gestion de l’eau, alors même que ces agences ont pour rôle la protection de la ressource et la prévention des pollutions ! » a-t-il fustigé.

L’UFC Que Choisir espère profiter des Etats généraux de l’alimentation pour faire entendre son cri d’alarme. Elle a également mis en ligne une pétition.

-  Source  : Reporterre.

-  Photo : Pxhere

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