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En bref — Politique

L’enquête sur Denis Baupin classée sans suite

Le parquet de Paris a annoncé lundi 6 mars que l’enquête sur Denis Baupin était classée sans suite. Cette enquête avait été ouverte le 10 mai 2016 suite aux témoignages de huit femmes accusant Denis Baupin d’agressions et de harcèlement sexuels.

« Il apparaît que les faits dénoncés, aux termes de déclarations mesurées, constantes et corroborées par des témoignages, sont pour certains d’entre eux susceptibles d’être qualifiés pénalement. Ils sont cependant prescrits », a fait savoir le procureur de la République, François Molins, dans un communiqué.

L’avocat de l’ancien député EELV, Emmanuel Pierrat, a lui aussi réagi dans un communiqué : « M. Denis Baupin prend acte avec satisfaction de la décision du parquet », mais il « regrette que la prescription s’appliquant à certaines des accusations constitue une entrave au rétablissement de la vérité, alors même que son nom et son honneur ont été bafoués ».

Le 16 février dernier, une loi a été adoptée qui double les délais de prescription. Le texte voté par l’Assemblée nationale porte désormais à 20 ans le délai de prescription de l’action publique en matière criminelle et à six ans (au lieu de trois) pour les délits de droit commun.

-  Source  : 20 minutes.


Communiqué de presse de plusieurs victimes de Denis Baupin

Il y a eu un avant « l’affaire Baupin » et il y aura surtout un après.

A la veille du 8 mars et après que nombre de victimes ont été entendues longuement par la BRDP, le Parquet a estimé à l’issue de l’ensemble des investigations, qu’il « apparaît que les faits dénoncés, aux termes de déclarations mesurées, constantes et corroborées par des témoignages, sont pour certains d’entre eux susceptibles d’être qualifiés pénalement. Ils sont cependant prescrits ».

C’est donc par l’effet de la prescription, soit l’écoulement d’un certain délai depuis les faits, que le Parquet a considéré l’action publique comme éteinte s’agissant des faits d’agression et de harcèlement sexuels tout en retenant à la fois la cohérence des témoignages recueillis, et le « désarroi » des victimes face au « comportement d’un des cadres du parti politique auquel elles appartenaient ».

Voilà ce que nous dit le Parquet.

Il y a eu un avant « l’affaire Baupin » et il y aura surtout un après.

Si les faits ne sont pas poursuivis, la Société, elle, a compris.

Et c’est bien plus important.

Au cours des derniers mois, les appels vers les associations de défense des droits des femmes se sont multipliés, les médias ont abordé le sujet aux heures de grande écoute et des collaboratrices parlementaires ont brisé la loi du silence, tout comme de nombreuses femmes dans tous les secteurs d’activité.

Aucun parti politique ne pourra plus prétendre ignorer ce fléau quotidien qui va du sexisme ordinaire aux violences sexuelles.

La honte change de camp.

Il y a eu un avant « l’affaire Baupin » et il y aura surtout un après.

Nous sommes heureuses et fières que nos témoignages à visage découvert aient pu contribuer à mettre en lumière et sur la place publique des agissements que l’on voudrait croire d’un autre temps.

Nous appelons plus que jamais les candidats à la présidentielle à mettre au cœur de leurs projets la lutte pour l’égalité entre les femmes et les hommes et contre toutes les violences faites aux femmes.

Il y a eu un avant et il y aura un après.

-  Signataires : 
Isabelle Attard, Elen Debost, Annie Lahmer Sandrine Rousseau.

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