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En brefClimat

L’érosion va condamner des milliers de bâtiments en France

L’érosion due à la tempête Ciara et à la marée montante près d’un camping à Gouville-sur-Mer (Normandie), en 2020.

À cause du changement climatique, la mer monte, monte et n’en finit plus de gagner du terrain. Alors que la France métropolitaine a déjà perdu près de 3 000 hectares de littoral entre 1960 et 2010, combien de maisons vont encore en faire les frais ? Des dizaines voire des centaines de milliers, à en croire un rapport non publié du Cerema dont Le Monde a publié les conclusions le 19 mars.

Dans ce rapport, le Cerema s’intéresse aux conséquences du recul du trait de côte sur le bâti à trois échéances : 2028, 2050 et 2100. En 2028, les dégâts devraient être relativement limités. Un millier de bâtiments devraient être affectés, parmi lesquels 528 logements répartis dans 300 bâtiments (dont la moitié sont des résidences secondaires). Valeur de ces biens : 167 millions d’euros. En 2050 et 2100, les chiffres s’envolent. Au mitan du siècle, 5 200 logements, d’une valeur globale de 1 milliard d’euros, pourraient être rattrapés par l’eau.

126 communes classées comme particulièrement exposées

Ce nombre pourrait s’élever à 450 000 en 2100, pour une valeur estimée à 86 milliards d’euros. Pourraient aussi disparaître 53 100 locaux d’activité d’une valeur de 7 500 milliards d’euros, parmi lesquels de nombreux hôtels et campings, 1 765 kilomètres de route et 243 kilomètres de voies ferrées.

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Face à ces pertes qui s’annoncent vertigineuses, que faire ? Ajouter des ouvrages de protection, déplacer les habitants ? Ces questions commencent enfin à être abordées par les pouvoirs publics. En 2022, 126 communes ont été classées comme particulièrement exposées au recul du trait de côte. Le 28 février dernier, le Comité national du trait de côte s’est réuni pour réfléchir au financement de la lutte contre l’érosion et au soutien à apporter aux propriétaires.

Un rapport de l’inspection générale de l’environnement et du développement durable publié le 8 mars aborde lui aussi l’épineuse question du financement, en appelant à « favoriser la responsabilisation des propriétaires des biens menacés » et à « identifier des recettes supplémentaires ».

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