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L’océan mérite toute notre attention

6 octobre 2016 / Jacques Thomas



L’humanité, majoritairement urbaine, se mobilise très peu pour les océans, regrette l’auteur de cette tribune. Ils sont pourtant menacés par les activités humaines alors que leur santé est indispensable à celle de la planète.

Jacques Thomas est le fondateur du Festival du livre et de la presse d’écologie, dont la 14e édition se déroule ce week-end (8 et 9 octobre), à Paris, avec pour thème principal, ’L’océan’.


Parmi les nombreux sujets traitant de l’état de la planète, les océans mobilisent peu l’opinion publique mondiale. Pourtant, il suffit de rappeler quelques chiffres pour comprendre l’importance que revêt leur sauvegarde : les océans représentent environ 71 % de la surface de la Terre. Ils produisent entre 50 et 70 % de l’oxygène que l’on respire.

À la veille de la COP21, une poignée de chercheurs appelaient à la mobilisation des associations, des scientifiques et des citoyens pour une prise de conscience des changements qui s’opèrent dans le milieu marin, et pour la mise en œuvre d’actions pour limiter tant les causes que les effets du bouleversement des équilibres océaniques. En matière de climat, les océans modèrent le réchauffement global, celui-ci ayant des effets majeurs sur leurs écosystèmes.

Si on voulait ignorer ce qui se passe au cœur des océans, on pourrait s’intéresser à nos zones côtières et constater les effets de la montée du niveau des mers, qui au pire menace des territoires et engendre des mouvements de population, et en France modifie lentement mais sûrement nos bords de mer vers lesquels nous aimons nous précipiter dès que l’occasion s’y prête.

À ce jour, moins de 1 % de la surface des océans est protégée. Or, pour nourrir les habitants de la planète, les océans sont pillés. Nous qui consommons du poisson, la question de la surpêche doit nous interroger. Une étude récente du fonds mondial pour la nature (WWF) montre un déclin préoccupant de la vie dans les océans : les populations d’animaux marins observés ont diminué de moitié depuis 1970. Les ressources halieutiques sont en chute libre selon cette étude, tandis que « les récifs coralliens et les prairies sous-marines pourraient disparaître du globe d’ici 2050 sous l’effet du changement climatique ». La croyance répandue selon laquelle les espèces marines résistent mieux que les espèces terrestres à l’extinction est erronée.

La surface de l’océan est la frontière d’un autre monde 

Pour beaucoup d’entre nous, nous sommes habitants des villes. Et le risque serait de considérer que, en vivant loin géographiquement de l’océan ou de la mer, les questions liées à la préservation de ce patrimoine commun ne nous concernent que fort peu. Ce serait sans compter avec la question des déchets qui se retrouvent dans l’eau, qui l’asphyxient, la polluent, et qui empoisonnent les animaux qui y vivent, et que nous mangeons. Cette question des déchets ne pose pas seulement celle du traitement de ceux-ci, mais renvoie plus largement et fondamentalement aux dégâts générés par notre société de consommation qui détruit l’environnement. À cet égard, la question des boues rouges en Méditerranée est hautement symbolique, puisque le rejet de résidus toxiques a été autorisé par décision préfectorale au mépris de la vie marine et de l’activité des pêcheurs locaux.

On le voit, quelle que soit la façon de traiter ce thème, il nous concerne plus ou moins directement, il affecte ou affectera notre vie quotidienne dans des proportions qui méritent d’être correctement évaluées. Il est donc nécessaire de mettre plus que jamais en débat la question du rapport de l’homme à la nature en général, et à l’océan qui l’entoure en particulier.

Nous vivons sur une planète fragile. Et la surface de l’océan est la frontière d’un autre monde qui, encore aujourd’hui, est à peine mieux connu que Mars ou Saturne. C’est sans doute parce qu’il nous échappe que l’océan arrive cependant à nous fasciner, traversé par les navigateurs et visité par les plongeurs. Il nous fascine notamment parce que, consciemment ou non, nous pressentons qu’il nous est totalement indispensable.




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Lire aussi : Mers et océans

Source : Courriel à Reporterre

- Dans les tribunes, les auteurs expriment un point de vue propre, qui n’est pas nécessairement celui de la rédaction.
- Titre, chapô et inters sont de la rédaction.

Photo : CC0

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