La Défense bloquée toute la journée par les activistes du climat

Durée de lecture : 21 minutes

19 avril 2019 / Camille Martin (Reporterre)

Vendredi 19 avril, plus de 2.000 activistes ont mené des actions contre « la République des pollueurs », à La Défense, près de Paris. Il s’agit de la plus grande action de désobéissance civile organisée à ce jour en France. Reporterre a suivi l’événement en continu.

Toute la journée de vendredi, nos reporters étaient à La Défense avec les activistes du climat pour suivre leur action. Vous pouvez lire le récit de la journée par ordre antéchronologique (en partant du plus récent), ci-dessous, et un article de synthèse ici.


18 h 50 — A La Défense, les CRS poursuivent l’évacuation du siège de Total. La plupart des activistes converge désormais vers le ministère de la Transition écologique. L’équipe de Reporterre garde un œil sur d’éventuelles actualités, mais nous allons clôturer ce direct. Rendez-vous demain, samedi, matin pour un reportage tout en images de cette journée de mobilisation historique !

18 h 15 — Les CRS sont arrivés au siège de Total. Ils commencent à déloger, non sans mal, des activistes. « C’est pas Macron qu’est champion du climat, c’est nous », chantent les militants. Il reste près de 200 personnes à l’intérieur et à l’extérieur de l’édifice. A part Total, seul le ministère est encore occupé.

17 h 25 — Un militant, Thomas, a été arrêté par la police, qui lui a passé les menottes. Elle le soupçonne d’avoir cassé la baie vitrée de la Société Générale ce matin. Alors que Thomas a été enfourné dans la voiture de police, une centaine de militants s’est placée devant celle-ci.

Des policiers les ont alors gazé abondamment et matraqué, la voiture a pu partir. L’action policière est à voir sur cette vidéo tournée par la militante Chloé Jugan :

Une jeune femme a été blessée et évacuée par les pompiers qui l’ont emmené à l’hôpital pour lui faire quelques points de suture.

17 h 15 — Des camions de CRS se sont rapprochés du ministère de la Transition écologique, au sein duquel se trouvent encore des dizaine de militants. Mais ils restent pour le moment en retrait. « Avec nous les CRS, vous savez que le temps presse », chante la foule.

17 h 10 — Pauline Boyer, porte-parole d’ANV - COP21, a pris la parole devant le ministère de la Transition écologique :

C’est la plus grosse action de désobéissance civile jamais organisée pour le climat. On parle de nous partout. C’est parce que vous êtes magnifiques et que nous sommes déterminés pour notre survie et la survie de la biodiversité. Tant que Macron se laissera guider par les lobbys, il restera le président de la République des pollueurs.

Devant la Société Générale, en fin d’après-midi.

16 h 15 — Le bâtiment EDF est désormais totalement évacué par les CRS, postés devant toutes les entrées pour éviter toute nouvelle intrusion ou blocage.

16 h 05 — Des agents de nettoyage ont été réquisitionnés pour nettoyer l’esplanade. « C’est pas pour critiquer mais j’allais rentrer chez moi et j’allais être en vacances », souffle Pierre qui s’affaire au nettoyage d’un panneau publicitaire. Un peu plus loin, les peintres et colleurs du mouvement climat poursuivent leurs œuvres.

16 h — À la Société Générale, l’ambiance reste festive. Des activistes invitent les CRS à chanter. Mais jusqu’ici, « on n’entend pas chanter les policiers ».

15 h 40 — Contraste saisissant à La Défense entre les lieux bloqués et les autres espaces : des badauds font leurs emplettes au centre commercial des Quatre temps, entrent et sortent de leurs bureaux une valisette à la main, profitent du soleil assis sur les marches de la Grande Arche. Mais un peu partout, Emmanuel Macron les observe de ses affiches « Président des pollueurs » et les sirènes de police se font entendre.

15 h 31 — À côté de l’édifice Total, les militants s’attaquent désormais à la décoration du bâtiment du voisin Areva (désormais Orano) avec affiches et peinture jaune. Ce dernier n’est en revanche pas bloqué.

15 h 23 — À la Société Générale, c’est calme, les salariés qui attendaient dehors ont quitté les lieux. Marc, « peacekeeper », nous raconte qu’il a pu avoir de nombreux échanges avec les salariés : « La majorité d’entre eux étaient d’accord avec le message de notre action mais pas avec la méthode de blocage. Ils avaient un argumentaire individualiste alors que nous leur parlions de l’intérêt général. Ils étaient aussi blessés qu’on touche à l’image de la Société Générale, à leur image en tant que salarié de cette banque. Ils trouvent que c’est toujours la Société Générale qui prend alors qu’il y a d’autres banques. C’est vrai, mais c’est la dernière banque à financer les gaz de schiste. Quand on leur a dit qu’on est aussi présents à EDF, à Total et au ministère ils se sont détendus. Certains, des jeunes surtout, nous ont même dit merci. »

A la Société Générale

15 h 06 — Des opposants au projet de central au gaz à Landivisiau ont fait le déplacement jusqu’à Paris. L’une d’elle, Mélanie, est dans une chenille destinée à bloquer une des entrées. « On l’a dit aux gens qui travaillaient ici, ce n’est pas à eux qu’on en veut, mais à la collusion entre le gouvernement et des dirigeants d’entreprises polluantes. C’est exactement ce que l’on vit à Landivisiau avec l’État qui va donner 50 million d’euros par an pendant 20 ans à Total alors qu’ils gagnent des milliards qui sont reversés à leurs actionnaires. Donc les Français donnent leur argent aux actionnaires de Total pour un projet inutile. »

A l’intérieur du siège d’EDF, des militants sont enchaînés avec des « arms blocks » (bloqueurs de bras) et donnent du fil à retordre aux CRS. Ceux-ci, une trentaine, ont l’air épuisés, indique notre reporter.

14 h 43 — En réponse à l’action de désobéissance civile, le PDG de Total Patrick Pouyanné, a défendu son groupe, indique le site Boursorama.com. « Beaucoup de gens manifestent aujourd’hui encore à Paris sur ces défis, demandant que plus soit fait » contre le changement climatique, a-t-il dit lors d’un discours prononcé dans le cadre d’un sommet pétrolier à Paris. « Nous savons tous que ce n’est pas si facile parce que la première demande de la population est d’avoir accès à plus d’énergie, une énergie abordable, et qui doit être propre », a plaidé le patron du géant pétrolier et gazier français. « Chez Total, nous essayons de mettre tout cela en action avec une stratégie où nous continuons à améliorer l’efficacité de toutes nos opérations », a-t-il justifié. « Nous continuons à croître dans le gaz naturel », un hydrocarbure dont l’utilisation est moins émettrice de gaz à effet de serre que le pétrole, a rappelé Patrick Pouyanné. « Nous développons aussi une activité d’électricité bas carbone à partir de gaz ou de renouvelables ». Il a enfin cité la promotion des biocarburants et des investissements dans des puits de carbone.

14 h 35 — Devant la tour EDF, Jean-François Julliard, directeur de Greenpeace, motive les troupes :

Les quatre blocages sont toujours en cours, rien n’est terminé. On a été reçu par la direction de Total qui nous a expliqué qu’ils faisaient au mieux pour lutter contre le changement climatique. La discussion n’a pas servi à grand chose. On leur a dit que s’il ne leur était pas possible d’arrêter la raffinerie de la Mède, nous non plus nous n’arrêterions pas. On va rester tant qu’on peut rester. On reçoit des soutiens du monde entier.

14 h 30 — La tour EDF disposant de plusieurs entrées, les militants tentent de bloquer d’autres portes. Ils sont régulièrement dégagés par les CRS. Des policiers qui transpirent à grosses gouttes, d’après notre reporter, et qui paraissent être en train de s’épuiser. En effet, il n’est pas aisé de transporter des centaines de militants qui font les poids morts. Les CRS semblent attentifs à ne pas faire de blessés, mais la situation s’est tendue.

14 h 10 — L’évacuation des militants se poursuit devant le siège d’EDF à La Défense. Les CRS sont arrivés à une trentaine en début d’après-midi. D’après nos reporters sur place, ils ont a priori concentré leurs forces à EDF, les autres sièges restant pour le moment bloqués. Les policiers ont commencé par soulever des personnes assises devant l’entrée principale et les ont descendu une par une. Ils sont ensuite entrés à l’intérieur et sortent à présent les activistes. Beaucoup des militants restés dehors filment et appellent les CRS au calme. Certains ont fait un sit-in pour perturber l’évacuation autour de l’entrée.

13 h 50 — Devant le siège d’EDF, les CRS sont entrés en action. Ils soulèvent un à un les militants. « La police, doucement, on fait çà pour vos enfants », chantent les activistes. Les citoyens mobilisés initient une chaîne au pied des marches, autour des CRS.


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13 h 15 — Alice, 29 ans fait sa première action de désobéissance civile. En chenille, elle bloque une des entrées de la Société Générale avec une dizaine d’autres de personnes au moment où on leur annonce la « bonne nouvelle » : « toutes les cibles visées ont été atteintes et des personnes se trouvent dans chacun des bâtiments qui été convoités ».

Alice : « Je suis avec des amis, l’ambiance est bonne et on va résister ensemble. »

Tout sourire, elle nous explique que jusqu’à ce matin 9 h, elle ne savait pas qu’elle allait bloquer la Société Générale. Bien informée sur cette entreprise elle n’est cependant pas surprise : « C’est l’une des banques les plus polluantes de France ». Elle nous explique qu’elle a « choisi cette action car c’est une action de masse qui rassemble des milliers de personnes ». « Je suis avec des amis, l’ambiance est bonne et on va résister ensemble. »

12 h 45 — Devant la Société générale, un policier venu ravitailler ses collègues est applaudi par les activistes.

12 h 40 — Sur Twitter, l’insoumise Manon Aubry, candidate aux élections européennes, estime que cette action s’inscrit dans la foulée de l’Affaire du siècle. La pétition dénonçant l’inaction climatique du gouvernement a recueilli plus de 2 millions de signatures en début d’année.

12 h 25 — Au ministère de l’Écologie, des militants-ravitailleurs s’organisent pour approvisionner leurs camarades en nourriture. Ils laissent sortir les employés du ministère en leur souhaitant un bon week-end. L’ambiance est détendue.

12 h 20 — Sur Twitter, Julien Bayou, porte-parole d’EELV, salue l’action : « La désobéissance permet de rendre visible cette collusion avec les lobbys, écrit-il. La désobéissance est non violente, assumée quitte à finir au tribunal, et utilisée en dernier recours pour provoquer un débat dans l’opinion publique sur une norme ou une politique publique illégitime. On y est. Le dérèglement climatique est engagé. Le gouvernement doit agir. » Et de conclure : « Mais au risque de paraître vieux jeu, la mobilisation est nécessaire mais ne peut pas suffire. Le 26 mai ont lieu les élections européennes. C’est un des échelons les plus pertinents pour agir contre le dérèglement climatique, les traités commerciaux, le diesel ou les pesticides. »

12 h 10 - Bilan de mi-journée — Depuis ce vendredi matin, plus de 2.000 militants pour le climat bloquent de manière non violente les sièges d’EDF, de la Société Générale et de Total à la Défense, ainsi que le ministère de la Transition écologique.

Les entrées des différents bâtiments sont bloquées et des équipes de colleurs posent banderoles et affiches dénonçant la « République des polleurs ». Malgré la présence de forces de l’ordre, l’ambiance est pour le moment calme, et même festive, grâce aux concerts des chanteurs HK et Kalune.

Jon Palais, porte-parole d’ANV-COP21, a expliqué à Reporterre le sens de l’action d’aujourd’hui : « Nous dénonçons qu’ils décident de la politique climatique de la France, au lieu qu’elle soit décidée par nos représentants élus pour l’intérêt général. » Les activistes se disent déterminés à rester le plus longtemps possible.

Découvrez notre portfolio des photos de la matinée :


11 h 56 — Au ministère de la Transition écologique, où toutes les issues sont bloquées, les activistes entament un sit-in.

T-shirt jaune « debout et déterminé-e pour le climat », Hélène est venue d’Alsace pour occuper le rôle de « peacekeeper » (garante de la paix). C’est sa toute première action. « On en a assez de faire des marches ou de signer des pétitions sans être entendus. On est là pour la journée, pour éveiller les consciences, et on recommencera. Ici, on dénonce le ministère de la transition écologique qui sert de passe plat, depuis de Rugy, pour les grands pollueurs comme Total, qui commence à raffiner de l’huile de palme à la Mède. »

11 h 40 — Sur Twitter, le ministre de la Transition écologique François de Rugy défend l’action environnementale de son gouvernement : « Aux quelques militants radicaux qui ciblent le Président et le gouvernement : vous vous trompez d’ennemis ! Interdiction de l’exploitation des gaz de schiste, sortie du charbon, remplacement des chaudières au fioul, loi énergie-climat. Nous agissons ! »

11 h 15 — À la Société Générale, le blocage se poursuit.

10 h 59 — Ministère de la transition écologique : À l’entrée du ministère, également recouvert d’affiches, des citoyens portent des portraits du directeur de la Société Générale, d’EDF, de Vinci et les inscriptions « Macron, champion of polluters  » et « Pollueurs, Macron, même combat ». Une militante discute des travaux de Pablo Servigne avec deux employés du ministère. « Nous ne défendons pas la nature, nous sommes la nature qui se défend. L’Homme est un animal qui ne peut vivre seul », explique la militante. « C’est le progrès technique qui détruit la nature, mais on ne peut pas vivre sans... sinon on reste des peuples primitifs », rétorque le fonctionnaire.

10 h 30 — Jon Palais, porte-parole d’ANV-COP21, explique à Reporterre le sens de l’action d’aujourd’hui :

« Nous sommes ici plus de 2.000 pour bloquer quatre lieux de pouvoir. Nous dénonçons qu’ils décident de la politique climatique de la France, au lieu qu’elle soit décidée par nos représentants élus pour l’intérêt général. »

« On bloque le siège de la Société Générale, la banque française numéro Un des énergies les plus sales. On bloque le siège de Total, qui fait partie des vingt entreprises les plus émettrices de CO2 au monde, et qui continue une logique extractiviste des énergies fossiles. On bloque le siège d’EDF, dont le mix énergétique, 10 % de renouvelables pour 70 % de nucléaire, ne permet pas de relever le défi climatique. Et on bloque le ministère de la Transition écologique et solidaire, qui est le complice de ces politiques des multinationales, puisqu’il autorise des projets qui vont totalement à l’encontre de tout ce que recommandent les climatologues : il autorise l’importation d’huile de palme par Total, ce qui va aggraver la déforestation donc le dérèglement climatique. Il autorise le projet de la Montagne d’or en Guyane qui va entraîner de la déforestation. Il autorise de grands projets d’infrastructure comme le Grand contournement ouest de Strasbourg. »

Relire nos articles :
- Le gouvernement impose à l’Assemblée de soutenir l’huile de palme importée par Total
- Paroles d’Amérindiens sur la Montagne d’or, en Guyane
- Contre les bulldozers de Vinci sur le GCO, la mobilisation ne faiblit pas

Jon Palais : « Macron est le champion du Business, il mène une politique anti-climatique ».

« Tout cela ne fait pas une politique climatique, mais une politique anti-climatique. Nous dénonçons le fait que la France n’a toujours pas revu ses ambitions, ni après la COP 21 ni après le dernier rapport du GIEC, qui souligne encore la gravité de la situation. Si la France ne le fait pas, c’est parce que Macron n’est pas le champion de la Terre, il est le champion du business, il se préoccupe des intérêts des multinationales avant l’intérêt des conditions de vie sur Terre. »

10 h 28 EDF : Le chanteur HK donne un concert, au soleil, devant la tour EDF. Les militants applaudissent et dansent en rythme. Devant la Société Générale, Kalune met l’ambiance. Les policiers, souriants, semblent apprécier le spectacle.

À l’intérieur du bâtiment d’EDF, la décoration est refaite. La peinture et la colle utilisées pour cette transformation visuelle de l’espace sont bios, assurent les activistes.

Sur le parvis de La Défense, des petits groupes de militants recouvrent les panneaux publicitaires et le mobilier urbain par le portrait d’Emmanuel Macron, « Président des pollueurs ». L’ensemble de la place porte le sceau de l’action. La police regarde de loin

10 h 26 — Société générale : Les activistes ont sorti les serflex et s’attachent au mobilier urbain présent devant les portes d’entrées, en criant « banquiers climaticides ! ». Certains salariés renoncent à leur journée de travail. Les forces de l’ordre balancent des gaz lacrymogènes contre les activistes dans le hall d’entrée.

10 h 17 — Devant Total, Cécile Marchand, des Amis de la Terre, et Clément Sénéchal, de Greenpeace, prennent la parole aux côtés d’un portrait d’Emmanuel Macron malencontreusement cassé).

« Total va faire un peu de mécénat sur Notre-Dame de Paris, sur le patrimoine historique, mais qu’est-ce qu’ils font pour le patrimoine vivant ?, dit Clément Sénéchal. 42 millions d’euros par jour, en moyenne, dans les énergies fossiles... »

Un policier invective un photographe qui tente de photographier l’intérieur du bâtiment et l’unité d’intervention : « C’est un lieu privé, vous aimeriez qu’on photographie chez vous ? » Le photographe passe son chemin.

9 h 57 — Société Générale : la police est entrée à l’intérieur du bâtiment. Une vingtaine de personnes se sont enchaînées dans le hall pendant qu’une autre vingtaine se trouve au niveau de la passerelle qui relie les deux bâtiments de la banque.

Au fait, pourquoi cibler la Société Générale ? Notamment parce qu’elle encourage l’exploitation du gaz de schiste.
- Relire notre article : « La Société générale accro au gaz de schiste »

Action contre la Société Générale en décembre 2018.

9 h 42 — Devant Total, les activistes sont toujours là.

9 h 37 — À la Société Générale, EDF et Total, des portraits d’Emmanuel Macron réquisitionnés dans des mairies par ANV-COP 21 sont dévoilés.

Au fait, pourquoi cibler Total ? Parce qu’elle est une multinationale incontrôlable qui stimule l’exploitation des énergies fossiles
- Relire notre article : « Total, ou comment les multinationales sont devenues incontrôlables ».

Devant le ministère de la Transition écologique, les militants ont opté pour « une galerie des patrons de grandes entités polluantes, pour symboliser le fait que ce sont eux qui dirigent la France, explique Clément Sénéchal, de Greenpeace. Ainsi, nous rendons physique cette alliance entre le gouvernement et les multinationales qui pose un grave problème pour le climat et la biodiversité. »

9 h 30 — Société Générale : Les activistes crient « Écologie libérale, mensonge du capital ! ». La porte d’entrée vient d’être brisée par accident, mais la seconde entrée est toujours bloquée. L’ambiance est tendue entre les salariés et les manifestants.

Jon Palais, d’ANV-COP 21, et Lorette Philippot, des Amis de la Terre, prononcent un discours : « Ici, nous paralysons ce système qui continue de soutenir des projets climaticides, les grandes puissances comme la société générale qui continuent d’appuyer sur l’accélérateur. »

9 h 18 — Total : La police arrive en plus grand nombre et rentre dans le bâtiment, armée. Les militants craignent pour leurs camarades présents à l’intérieur. 2.300 citoyens sont mobilisés pour l’action, répartis en quatre lieux : EDF, Total, Société Générale et ministère de la Transition écologique et solidaire.

Au fait, pourquoi cibler EDF ? Parce qu’en s’obstinant dans le nucléaire, elle empêche une forte politique d’économies d’énergie et d’énergies renouvelables
- Relire notre article : « EDF veut prolonger les réacteurs nucléaires au-delà de 40 ans »

9 h 12 — Total : banderole déployée, les activistes chantent : « Anti-capitaliste, Ah Ah ». Vidéo :

9 h 07 — Total : Tandis que les colleurs continuent de décorer l’espace et taguent le sol, les médiateurs d’ANV-COP21 échangent quelques mots avec des salariés de Total. « Je vous « soutiens », dit l’un d’eux.

« Un pas en avant, deux pas en arrière, c’est la politique de la République », s’époumonent les militants.

8 h 58 — Devant le siège de Total , la police est sur les lieux. « Police doucement, on fait ça pour vos enfants ! » chantent les activistes.

Les militants se sont répartis à toutes les entrées, de sorte que tout l’immeuble est inaccessible.

8h55 — Au même moment, une action est en cours devant le siège de la Société générale. Les activistes crient : « Société générale, mensonge du capital. » Quelques-uns sont entrés, l’immeuble n’est pas encore fermé.

On entend les premières sirènes de police.

Vendredi 19 avril, 7 h 34 — Ce vendredi 19 avril, en région parisienne, des centaines de citoyens vont tenter de « bloquer la République des pollueurs » en menant une action de désobéissance civile de masse. « La République des pollueurs, a déclaré à Reporterre la porte-parole d’Alternatiba Pauline Boyer, c’est l’alliance toxique entre les grands patrons des entreprises les plus polluantes et le gouvernement qui verrouille la lutte écologique et reste sourd à la mobilisation. Il est temps de faire de la désobéissance de masse. Tant que la politique du gouvernement se fera sous la pression des lobbies, Macron sera président de la “République des pollueurs” et on sera là pour lui barrer la route. » L’action a été pensée et organisée par Greenpeace France, Les Amis de la Terre, Alternatiba - ANV-COP21.

Jeudi 18 avril, 17 h — Les activistes se sont réunis dans une salle à proximité de Paris. L’écrasante majorité des personnes présentes n’ont jamais participé à une action de désobéissance civile. Ils sont briefés sur les enjeux de l’action, la stratégie adoptée ou encore les risques juridiques encourus. Selon les organisateurs, l’action consistera à bloquer un bâtiment symbolisant la « connivence entre les lobbies et le gouvernement ». Des activistes-guêpes, colleuses et colleurs, auront pour mission de transformer visuellement l’espace. « Ainsi, en entrant dans ce lieu, on ne pourra plus passer à côté de l’urgence climatique et sociale », a précisé Elodie Nace, d’ANV-COP21. L’objectif sera de tenir le plus longtemps possible sur les lieux.


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Lire aussi : « Le gouvernement d’Emmanuel Macron est composé de lobbies »

Source :
. Camille Martin est le nom collectif de la rédaction.
. Sur le terrain, Alexandre-Reza Kokabi et Loup Barre pour Reporterre

Photos : © NnoMan/Reporterre et © Loup Barre/Reporterre
Sauf : Devant la Société générale en fin d’après-midi (SARMaud)



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