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Info — Zad du Carnet

La Zad du Carnet expulsée à l’aube

Mardi 23 mars, la Zad du Carnet a été expulsée à l’issue d’une opération de gendarmerie de grande ampleur. Ses occupants luttaient contre l’artificialisation de 110 hectares de zones naturelles de l’estuaire de la Loire pour un projet industriel encore inconnu.

Un hélicoptère, des blindés, plusieurs escadrons de gendarmerie, des bulldozers et des zodiacs sur la Loire : depuis 6 h 45, mardi 23 mars, un important dispositif policier est déployé pour expulser la Zad du Carnet, à côté de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique).

Le collectif Stop Carnet annonce près de 800 gendarmes pour évacuer quelques dizaines de militants.

Cette Zad avait été lancée en septembre 2020 pour empêcher le Grand Port maritime de Nantes-Saint-Nazaire de détruire 110 hectares de zones naturelles, dont 51 hectares en zone humide, où vivent 116 espèces protégées. L’objectif étant de construire une base logistique pour installer des entreprises.

Ce projet fait partie des sites livrés « clé en main » par le gouvernement, c’est-à-dire que les procédures d’autorisation et études nécessaires ont été suivies sans qu’on ne sache quelles entreprises pourraient s’installer. Une méthode particulièrement contestée par de nombreuses associations environnementales. Lors de l’enquête publique, réalisée en 2017, FNE Pays de la Loire, Bretagne-Vivante, et LPO 44, ont émis un « avis réservé ».

De plus, la décision de commencer les travaux sur le site du Carnet est illégale à cause de l’absence de déclaration de projet selon l’Ong Notre affaire à tous (NAAT). Le Grand Port maritime n’a pas obtenu toutes les dérogations nécessaires au titre des espèces protégées. Ainsi, le Mouvement national de lutte pour l’environnement (MNLE) des Pays-de-la-Loire et des particuliers ont déposé un recours en justice avec l’aide de NAAT.

Dans un communiqué de presse, la préfecture des Pays-de-la-Loire et de Loire-Atlantique a rappelé que le tribunal judiciaire de Saint-Nazaire avait rendu en février dernier deux décisions de justice demandant aux occupantes et occupants du site de quitter les lieux. Sur son compte Twitter, elle a assuré que cette évacuation se faisait dans le calme.

Pourtant, de nombreuses baraques ont été incendiées et plusieurs interpellations sont à dénombrer. Vers 11 h, mardi 23 mars, l’expulsion touchait à sa fin.

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