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Forêts tropicales

La déforestation en Amazonie est liée à l’exportation vers l’Europe de bœuf et de soja, montre une étude scientifique

Un article paru vendredi 17 juillet dans la revue Science, intitulé The rotten apples of Brazil’s agribusiness (Les fruits pourris de l’agrobusiness brésilien), établit un lien entre de grandes chaînes d’approvisionnement en soja et en viande bovine — les principales exportations agricoles du Brésil — et les activités illégales de déforestation dans les régions de l’Amazonie et du Cerrado.

Alors que la plupart des exportations agricoles du Brésil sont exemptes de déforestation, une petite partie du secteur, très destructrice, menace de compromettre l’avenir économique de l’agroalimentaire du pays tout en contribuant à l’aggravation de la crise environnementale et climatique régionale et mondiale. Extrait de « Science »

Le chercheur Raoni Rajão et ses collègues ont compilé un ensemble complet de cartes sur l’usage des terres et sur la déforestation au Brésil, comprenant 815.000 parcelles et ont modélisé le niveau de conformité à la loi pour chacune d’entre elles afin d’évaluer les activités de déforestation légales et illégales liées au soja et au bœuf exportés vers l’Union européenne (UE).

Les résultats montrent que si seulement 2 % des propriétés sont responsables de 62 % de la déforestation illégale dans leur région d’étude, une part importante de cette déforestation est liée aux produits agricoles d’exportation. Les auteurs estiment que jusqu’à 22 % du soja et plus de 60 % de la viande bovine exportée annuellement vers l’UE peuvent être liés à la déforestation illégale.

L’UE et le Mercosur — le marché commun latino-américain auquel appartient le Brésil — pourraient ratifier un accord commercial d’envergure d’ici la fin de l’année 2020. De nombreux observateurs craignent que ce traité de libre-échange n’entraîne une augmentation de la production agricole, et donc de la déforestation.

« Indéniablement, tous les partenaires économiques du Brésil devraient partager la responsabilité de promouvoir indirectement la déforestation et les émissions de gaz à effet de serre en n’interdisant pas les importations et la consommation de produits agricoles contaminés par la déforestation, illégale ou non », écrivent les auteurs.

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