La lutte contre la désertification est bien plus rentable que l’inaction, selon l’ONU
Dhinowda, un village côtier en Somalie touché par une désertification extrême. - Somfany / Domaine public
Dhinowda, un village côtier en Somalie touché par une désertification extrême. - Somfany / Domaine public
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Lutter contre la désertification peut être rentable. Voici le constat économiciste dressé par un rapport de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) présenté lors de la COP16 sur la désertification qui a lieu du 2 au 13 décembre à Riyad, en Arabie Saoudite.
Ce document estime qu’il faudrait dépenser un milliard de dollars par jour pour lutter contre la désertification. Mais chaque dollar investi dans la restauration des terres pourrait générer jusqu’à 8 dollars en bénéfices sociaux, environnementaux et économiques. Bénéfices attendus : une productivité agricole accrue, une résilience renforcée face au climat et à la sécheresse, ainsi que l’amélioration des services écosystémiques.
Déjà 3,2 milliards de personnes affectées
Aujourd’hui, 40 % des terres mondiales sont dégradées, ce qui coûte déjà 878 milliards de dollars par an à l’économie mondiale. L’ONU estime donc qu’il serait plus rentable d’investir dans la lutte contre les sécheresses que de ne rien faire. D’autant que le montant total des investissements nécessaires (2,6 trillions de dollars d’ici 2030) équivaut à ce que le monde dépense chaque année en subventions nuisibles à l’environnement, selon un récent rapport d’Earthtrack.
Les sécheresses et la désertification des terres affectent plus de 3,2 milliards de personnes les plus fragiles : les communautés autochtones, les ménages ruraux, les petits exploitants agricoles et, en particulier, les jeunes et les femmes. Si rien n’est fait, les rendements agricoles pourraient diminuer jusqu’à 50 % dans certaines régions d’ici 2050, entraînant une augmentation de 30 % des prix alimentaires et intensifiant l’insécurité alimentaire.